La crise des migrants semble faire bouger les lignes. Sans aller jusqu'à dire clairement, comme la chancelière allemande Angela Merkel, qu'il faut discuter avec Assad, Laurent Fabius n'a pas posé le départ du président syrien comme préalable à une négociation. Le président Bachar al-Assad ne peut pas diriger éternellement la Syrie mais l'essentiel pour le moment est d'engager une négociation sur une transition politique, a estimé samedi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius devant l'Assemblée générale des Nations unies.
Une série de contacts avec ses homologues est prévue
Le ministre des Affaires étrangères a ajouté, lors de cette même conférence de presse tenue à New York, que cette position reflétait une "unité de vue" avec ses collègues européens, bien qu'"avec des nuances d'expression". Il a plaidé une nouvelle fois pour "la formation d'un gouvernement incluant des éléments du régime et des membres de l'opposition qui refusent le terrorisme". "Cette négociation (en Syrie) ne peut pas avoir comme préalable que Bachar al-Assad sera l'éternel futur de la Syrie", a-t-il dit. "Mais il faut qu'une négociation se noue".
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Il a néanmoins accusé le président syrien d'être responsable de 80% des quelque 240.000 morts en Syrie depuis quatre ans et demi. La relance d'une solution politique en Syrie sera au centre d'une série de contacts que M. Fabius va avoir à New York avec ses homologues américain, russe, iranien, émirati, saoudien, turc et irakien. Avec le ministre iranien Mohammed Javad Zarif, Laurent Fabius abordera les suites de l'accord de juillet sur le nucléaire iranien et "la situation régionale". "L'Iran a dit à plusieurs reprises être très engagée aux côtés de Bachar al-Assad, mais il faut avancer", a-t-il finalement conclu.
