C'est un signe de la reconnaissance nationale et personnelle que le Liban porte à Jacques Chirac. Le pays du Cèdre observe lui aussi ce lundi une journée de deuil national à l'occasion des obsèques de l'ancien président français, Jacques Chirac, comme l'avait annoncé vendredi la présidence du Conseil des ministres.
Le Premier ministre Saad Hariri a émis une circulaire en ce sens en guise d'hommage à l'"ami du Liban", selon l'agence nationale de l'information (ANI). "Les drapeaux seront mis en berne (...) et les programmes de télévision et de radio modifiés" a-t-il précisé.
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C'est peu dire que l'ancien chef d'État français entretenait des liens particulièrement forts avec le Liban et son ancien Premier ministre, le milliardaire Rafic Hariri, tué dans un attentat à Beyrouth en 2005. À la suite de son départ de l'Élysée, l'ancien président avait même été logé dans un vaste appartement parisien prêté par l'un des fils de Rafic Hariri.
Ce que lui doit le Liban
Dans le pays, la mort de Jacques Chirac a été largement relayée. Jeudi, Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, a rendu un vibrant hommage à Jacques Chirac, le qualifiant de "géant politique". Il a dit sentir "une très grande tristesse", celle "que j'ai sentie quand j'ai perdu mon père". "L'ami des jours difficiles" a titré vendredi à la Une le quotidien francophone libanais L'Orient-Le Jour, rappelant la bataille "becs et ongles" menée par Jacques Chirac pour aider le Liban à se "libérer" de la "tutelle syrienne".
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"Jacques Chirac, l'homme du Tribunal spécial pour le Liban (...)", a écrit le plus vieux quotidien arabophone du pays, Annahar. Jacques Chirac avait joué un rôle clé dans la création du Tribunal spécial chargé d'enquêter sur l'assassinat de Rafic Hariri et celui d'autres personnalités libanaises opposées au régime syrien.
Parrain de conférence d'aide internationales
"Le président Chirac était le lendemain au Liban, il s'est tenu juste à côté de la tombe de mon père et il était avec nous comme famille", s'est souvenu Saad Hariri. "C'est à ce moment, après l'assassinat, que j'ai connu le président Chirac, non seulement comme président mais aussi comme ami (...) il était toujours à côté de moi, il était toujours comme un parent pour moi", a-t-il dit.
Avant l'assassinat de Rafic Hariri, Jacques Chirac avait également oeuvré en faveur du vote en 2004 de la résolution 1559 du Conseil de sécurité appelant au départ des troupes étrangères du Liban. Quelques mois plus tard, en avril 2005, l'armée syrienne s'était retirée au terme de 29 ans de présence militaire et de tutelle politique sur son petit voisin.
Sur le plan économique, l'ancien président français avait parrainé deux conférences d'aide internationale au Liban baptisées "Paris II" et "Paris III", organisées dans la capitale française en 2002 et 2007.
