Dévoilé il y a tout juste un an, lors du G7 de Carbis Bay (Cornouailles britanniques), tombé aux oubliettes avec la guerre en Ukraine, il a ressuscité ce dimanche 26 juin, en Allemagne, lors du dernier sommet des sept pays industrialisés. Annoncé par le président Biden, le "Partenariat mondial pour les infrastructures" se veut historique : 600 milliards de dollars dédiés aux pays émergents, afin de les aider à améliorer leur système de santé ou leurs réseaux électriques.

L'objectif, non avoué, de ce "plan Marshall du développement" est clair : offrir aux pays à bas revenus une alternative aux routes de la Soie - ces projets pharaoniques (ponts, autoroutes, ports) que les Chinois construisent dans des pays choisis pour leurs ressources minières ou leur situation stratégique, tel Djibouti. Depuis 2013, Pékin aurait accordé plus de 1000 milliards de dollars de prêts, à des conditions si draconiennes qu'elles placent souvent ses débiteurs dans l'incapacité de rembourser leur dette.

VRP de luxe

Face à Pékin, les Occidentaux avaient un coup à jouer. Pour séduire ces pays émergents et les sortir du champ d'influence chinois, les dirigeants occidentaux se sont improvisés, ce 26 juin, VRP de luxe : "Vous avez le choix [entre Pékin et les démocraties]", a plaidé Ursula von der Leyen, la cheffe de la Commission européenne. "Nous offrons de meilleures options", a vanté Joe Biden. Telles la "transparence" des procédures et le respect de l'environnement.

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L'intention est belle, mais ira-t-elle à son terme ? "Des deux côtés de l'Atlantique, on a beaucoup de mal à mettre en oeuvre ce type de programmes", critique François Godement, conseiller Asie à l'Institut Montaigne. À l'image du projet de connectivité avec l'Asie, lancé avec fracas par Bruxelles en 2018, qui n'a rien donné de concret. La raison ? "Trop de cloisonnement au sein des institutions, qui empêche toute vue globale."

Pointillisme

En bref, les Occidentaux font beaucoup de choses, mais de façon "pointilliste" et non coordonnée. "En face, les Chinois se concentrent sur des projets emblématiques, les mènent à leur terme et communiquent à fond", assène Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique.

D'où la volonté américaine de regrouper les initiatives occidentales sous une même bannière. Encore faut-il dépasser l'effet d'annonce et préciser le contenu, encore très flou, de ce "Partenariat mondial pour les infrastructures". En commençant par lui trouver un nom plus vendeur ?