POLOGNE

Le spectre d'un Polexit inquiète

Qui d'autre que lui pour mener la fronde anti-Polexit ? A l'appel du chef de l'opposition et ex-président du Conseil européen Donald Tusk, des dizaines de milliers de Polonais ont manifesté le 10 octobre contre une éventuelle sortie de leur pays de l'Union européenne. La décision de la Cour constitutionnelle contestant la primauté du droit européen pourrait en poser le premier jalon.

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Alors que 80% des Polonais sont favorables à l'UE, le gouvernement prétend nous protéger, ironise la Gazeta Wyborcza. Au contraire, "il nous pousse dans l'abîme", écrit le journal d'opposition.

AUTRICHE

La chute de Sebastian Kurz

Il était devenu, en 2017, le plus jeune dirigeant du monde (31 ans). Au coeur d'un nouveau scandale de corruption - le deuxième en deux ans -, le chancelier Sebastian Kurz a présenté sa démission le 9 octobre. Le chef du parti conservateur OVP aurait utilisé des fonds gouvernementaux pour s'assurer une couverture médiatique favorable. Il sera remplacé par l'ex-ministre des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg, chargé de diriger la coalition avec les Verts. Kurz reste toutefois à la tête de l'OVP. Pour l'opposition, sa décision n'augure donc en rien d'un "changement de système", écrit la Süddeutsche Zeitung.

TAÏWAN

Face à Pékin, Tsai Ing-wen durcit le ton

Dans les rêves du président chinois Xi Jinping, Taïwan appartient à la Chine - une vision que ne partage pas son homologue taïwanaise. Après l'incursion de 150 avions militaires chinois à proximité de son territoire depuis le début du mois - un record - et la promesse de Xi de "réunifier la patrie", Tsai Ing-wen a répondu le 10 octobre au maître de Pékin : "Personne ne peut forcer Taïwan à emprunter la voie que la Chine a tracée pour nous."

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Si elle peut se permettre ce ton, c'est grâce à ses "avancées diplomatiques", analyse le magazine Nikkei Asia. Tsai Ing-wen a notamment gagné des alliés grâce au don de millions de masques à d'autres démocraties.

ÉTATS-UNIS

Bataille judiciaire sur l'avortement au Texas

Votée, bloquée, puis rétablie : la loi ultra-restrictive interdisant depuis le 1er septembre l'avortement après six semaines, y compris en cas de viol ou d'inceste, est de nouveau en vigueur depuis le 9 octobre. Suspendue trois jours plus tôt par un juge fédéral du Texas à la suite d'une plainte du gouvernement de Joe Biden, qui la jugeait inconstitutionnelle, elle a ensuite été rétablie par la Cour d'appel du Texas, réputée conservatrice. "Le différend pourrait finir devant la Cour suprême", souligne Bloomberg, et menacer le droit constitutionnel à l'avortement.

PÉROU

Remaniement au centre gauche

L'affaire fait tache, deux mois après l'investiture de Pedro Castillo. Le président marxiste a limogé le 6 octobre six ministres et son chef de gouvernement, Guido Bellido. Ses prises de position radicales pour l'expropriation d'un champ gazier ou en faveur du président vénézuélien Maduro avaient créé des tensions entre le gouvernement et le Parlement, dominé par la droite. A sa place, Castillo a nommé Mirtha Vasquez, une figure de centre gauche. Le parti présidentiel, Peru Libre, dénonce une "trahison". Le sort du gouvernement, "isolé, avec une opposition farouche à ses positions", est incertain, note le quotidien El Pais.

TUNISIE

Un nouveau gouvernement aux pouvoirs limités

Au lendemain d'une manifestation de 6000 personnes à Tunis contre le "coup d'Etat" de Kaïs Saïed, qui s'est arrogé des pouvoirs exceptionnels le 25 juillet, le président a nommé par décret un nouveau gouvernement. L'universitaire Najla Bouden, nommée le 29 septembre à sa tête, a prêté serment. "Bien que la Tunisie soit confrontée à une crise budgétaire imminente, elle n'a mentionné aucun programme de changements économiques", précise le Guardian. La Première ministre aura un pouvoir limité, puisque le chef de l'Etat présidera le Conseil des ministres et est habilité à gouverner par décret.

AFGHANISTAN

L'EI fait un carnage à Kunduz

L'horreur a frappé le jour de la grande prière hebdomadaire. Vendredi 8 octobre, au moins 60 personnes ont été tuées dans un attentat suicide contre une mosquée chiite de la ville de Kunduz. Revendiquée par l'Etat islamique au Khorasan (ISKP), l'attaque est la plus meurtrière depuis le départ des derniers soldats américains et étrangers du pays, le 30 août. "Elle pose des questions sur la capacité des nouveaux dirigeants afghans à administrer un pays stable et sûr après deux décennies de guerre", commente le Washington Post. Un enjeu capital pour les Américains, à qui les talibans avaient promis que l'Afghanistan ne redeviendrait pas un sanctuaire pour les terroristes.