Les manifestations et pillages de Lhassa, au mois de mars, semblent avoir laissé perplexes les plus hauts dirigeants du Parti communiste chinois (PCC). Derrière les accusations officielles dénonçant le dalaï-lama - un "loup en robe de moine", selon la rhétorique du PCC - les autorités pékinoises s'interrogeaient en coulisse sur la présence de provocateurs bien chinois. Une vidéo montrant un émeutier armé de couteaux debout sur le toit d'une voiture a semé le trouble à Pékin: l'homme était en réalité un officier de police de Lhassa. Qui avait intérêt à attiser les violences au Tibet? Une ligne dure au sein du Parti cherchait-elle à envenimer la situation pour imposer ses politiques? Et pourquoi les autorités chinoises ont-elles jugé bon de partager leur analyse de cette vidéo compromettante avec des diplomates étrangers en poste à Pékin? Au jeu de la manipulation, la direction centrale du PCC a peut-être trouvé plus habile qu'elle.
P. V.