Les médias américains consacrent depuis mercredi 26 août une large place au décès du sénateur démocrate Ted Kennedy. Les télévisions et les magazines annoncent des émissions spéciales. ABC consacrera une heure au "souvenir de Ted Kennedy", tandis que CBS prévoit une émission intitulée "Ted Kennedy, le dernier frère". CNN s'apprête à rediffuser un documentaire de la chaîne HBO sur le sénateur, baptisé "Teddy selon ses propres mots".

Boston Globe, plus grand quotidien du Massachusetts, avait remanié sa Une dès l'annonce du décès de Ted Kennedy mardi 25 août au soir, consacrant 12 pages au sénateur dans l'édition de ce jeudi.

Pour le Washington Post, "Teddy" a joué deux rôles dans la vie politique du pays: symbole rayonnant de la gauche américaine dans une période faste pour les conservateurs, et législateur pragmatique parmi des hommes politiques opportunistes. Il souligne, de plus, que Ted Kennedy est celui qui a conseillé vivement Barack Obama de se présenter comme candidat à la présidence en 2008 au lieu d'attendre, comme d'autres lui disaient. "Kennedy savait que les chances d'Obama diminueraient s'il restait plus de temps au Sénat", explique The Washington Post.

Un site officiel en hommage

Les magazines Time et Newsweek ont aussi annoncé des éditions spéciales sur le sénateur pour vendredi 28 août. "Le sénateur Kennedy est une figure fascinante et notre édition spéciale est destinée à faire la lumière sur l'un des hommes politiques les plus controversés de notre histoire", a expliqué le rédacteur en chef de Newsweek Jon Meacham.

Un site officiel qui rend hommage au patriarche du clan Kennedy a été créé. TedKennedy.org présente des informations biographiques sur le sénateur du Massachusetts, un message de sa famille, des extraits de ses principaux discours, des hommages de figures éminentes du monde entier, ainsi que des vidéos et des photographies.

Lancé par le Comité pour une majorité démocrate -groupe créé par Ted Kennedy-, le site permet également aux visiteurs de publier un message d'hommage au frère du président assassiné John F. Kennedy.

"La cause de ma vie"

Pour les quotidiens, la question est maintenant est savoir si la réforme du système de santé est en péril avec le décès de l'un de ses plus fervents défenseurs. 

Edward Kennedy parlait en effet de "la cause de (sa) vie" en évoquant cette réforme.

Diagnostiquée en mai 2008, sa maladie l'avait obligé à renoncer en partie au rôle central qu'il jouait depuis des décennies en faveur de cette réforme. "Si seulement Teddy était là", c'est la phrase qui courait dans les couloirs du Congrès, selon plusieurs quotidiens. Le vieux lion était un "maître de la négociation", selon le New York Times. Il s'efforçait tout de même à garder le contact avec ses collègues du Capitole et avec le président Barack Obama.

Selon l'hebdomadaire britannique The Economist, les démocrates n'arriveront pas à maintenir les 60 sénateurs nécessaires pour empêcher les reports républicains si un nouveau démocrate n'est pas choisi à la place de Teddy. "The seat matters" ("le fauteuil compte"), dit l'hebdomadaire.

L'Etat du Massachussets, dont il était sénateur depuis 1962, est "historique et fidèlement" démocrate. Selon The Economist, il est difficile que la longue liste de votants qui appuient Teddy choisissent un républicain au milieu de cette tempête pour la réforme de la santé: c'est un démocrate qui devrait donc vraisemblablement remporter les prochaines élections pour remplacer le sénateur décédé et ainsi poursuivre son rêve.