Un chef tibétain vendu à la Chine? Ce sont les soupçons qui pèsent sur le Karmapa Lama, favori dans la succession -en tant que chef spirituel- du Dalaï Lama. La police indienne a annoncé ce jeudi avoir engagé des poursuites contre le moine bouddhiste, après la découverte en janvier d'environ un million de dollars en espèces dans son monastère.
La procédure contre le Karmapa et neuf autres personnes a été ouverte dans l'Etat de l'Himachal Pradesh (nord) où se situe son monastère, près de Dharamsala, là où vivent des milliers de Tibétains en exil ayant fui la Chine.
En janvier, la police avait saisi près d'un million de dollars en devises étrangères, principalement en dollars. Le bureau du Karmapa avait assuré qu'il s'agissait d'argent provenant des dons de fidèles et avait démenti des rumeurs relayées par la presse indienne, selon lesquelles le Karmapa pourrait être un complice du pouvoir chinois, envoyé en Inde pour mettre en place des monastères pro-chinois.
Un complot chinois?
"Le Karmapa est poursuivi pour complot", a indiqué un policier, Sumedha Dwivedi. "L'affaire est maintenant entre les mains de la justice. Nous avons tous les éléments à charge", a-t-il ajouté.
A 27 ans, le Karmapa dirige l'une des quatre branches du bouddhisme tibétain. Il pourrait être désigné comme futur chef spirituel des Tibétains à la mort de l'actuel dalaï lama, 75 ans, qui a indiqué que la branche religieuse qu'il représente pourrait ne pas être celle de son successeur. Le Karmapa a fui le Tibet à l'âge de 14 ans.
Il explique cette fuite par la crainte d'être forcé par les autorités chinoises de se retourner contre le Dalaï Lama, considéré par Pékin comme un dangereux séparatiste.
