Six mois après le début de la guerre en Ukraine, les rues de Kiev grouillent à nouveau de skateurs. Face à l'incertitude quotidienne, leur planche fait tout à la fois office de remède et d'exutoire. Rien n'est pourtant comme avant pour ces jeunes Ukrainiens, pas épargnés par le conflit. Dans son malheur, la communauté des skateurs se serre toutefois les coudes. Certains s'hébergent, d'autres fabriquent des équipements pour l'armée.

Parti couvrir la guerre en Ukraine pour Slate.fr au début de l'année, le journaliste et photographe français Robin Tutenges y est retourné à la fin du printemps. A l'occasion de notre numéro spécial "Nous, les Ukrainiens", L'Express publie les photos de cette jeunesse qui tente de reprendre sa vie.

Sasha Burchak, un jeune Ukrainien de 22 ans, skate sur une statue devant l'Opéra de Kiev, désormais protégé par quatre murs improvisés et des sacs de sable. Cet étudiant en économie s'est réfugié au coeur de la capitale, chez un ami skateur. Sa chambre, au nord de la ville, près de Boutcha, était menacée par l'avancée des Russes. Il n'a toujours pas pu y retourner. Aujourd'hui, Sasha essaie surtout de reprendre une vie normale.

Sasha Burchak, un jeune Ukrainien de 22 ans, skate sur une statue devant l'Opéra de Kiev, désormais protégé par quatre murs improvisés et des sacs de sable. Cet étudiant en économie s'est réfugié au coeur de la capitale, chez un ami skateur. Sa chambre, au nord de la ville, près de Boutcha, était menacée par l'avancée des Russes. Il n'a toujours pas pu y retourner. Aujourd'hui, Sasha essaie surtout de reprendre une vie normale.

© / Robin TUTENGES

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Sasha Burchak, un jeune Ukrainien de 22 ans, skate sur une statue devant l'Opéra de Kiev, désormais protégé par quatre murs improvisés et des sacs de sable. Cet étudiant en économie s'est réfugié au coeur de la capitale, chez un ami skateur. Sa chambre, au nord de la ville, près de Boutcha, était menacée par l'avancée des Russes. Il n'a toujours pas pu y retourner. Aujourd'hui, Sasha essaie surtout de reprendre une vie normale.

Plusieurs amis de Sasha habitant Odessa, dont Dima (à la caméra) et Alexandr (au centre), sont venus à Kyiv après de récentes frappes dans la ville côtière. L’occasion pour eux de recommencer à filmer leurs sessions de skate, qu’ils partagent ensuite sur internet. Depuis le début de la guerre et surtout depuis qu’ils se sont remis à refaire du skate, tous ont envie de créer, de vivre. Beaucoup ont désormais pour objectif de promouvoir la scène de skate ukrainienne au-delà des frontières, et de se rapprocher des skateurs européens. Kyiv, Ukraine, le 19 mai 2022.

Plusieurs amis de Sasha habitant Odessa, dont Dima (à la caméra) et Alexandr (au centre), sont venus à Kyiv après de récentes frappes dans la ville côtière. L’occasion pour eux de recommencer à filmer leurs sessions de skate, qu’ils partagent ensuite sur internet. Depuis le début de la guerre et surtout depuis qu’ils se sont remis à refaire du skate, tous ont envie de créer, de vivre. Beaucoup ont désormais pour objectif de promouvoir la scène de skate ukrainienne au-delà des frontières, et de se rapprocher des skateurs européens. Kyiv, Ukraine, le 19 mai 2022.

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Plusieurs amis de ses amis habitant Odessa, dont Dima (à la caméra) et Alexandr, sont venus à Kiev après de récentes frappes dans la ville côtière. L'occasion pour eux de recommencer à filmer leurs sessions de skate, qu'ils partagent ensuite sur Internet.

Des skateurs marchent dans les rues de Kyiv, après les avoir un temps délaissées par peur des bombes, mais aussi pour éviter de produire des nuisances sonores stressantes pour les habitants. Maintenant que la guerre en Ukraine s’est principalement renforcée à l’est, la capitale retrouve un semblant de normalité. Kyiv, Ukaine, le 18 mai 2022.

Des skateurs marchent dans les rues de Kyiv, après les avoir un temps délaissées par peur des bombes, mais aussi pour éviter de produire des nuisances sonores stressantes pour les habitants. Maintenant que la guerre en Ukraine s’est principalement renforcée à l’est, la capitale retrouve un semblant de normalité. Kyiv, Ukaine, le 18 mai 2022.

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Ils ne sont pas les seuls : les skateurs sont de retour dans les rues de Kiev, après les avoir un temps délaissées par crainte des bombes et d'occasionner des bruits stressants pour les habitants. Maintenant que la guerre se déroule principalement dans l'est de l'Ukraine, la capitale retrouve un semblant de normalité.

Des skateurs se reposent et skatent sur la place devant l'Opéra de Kyiv, le 19/05/2022. Robin Tutenges

Des skateurs se reposent et skatent sur la place devant l'Opéra de Kyiv, le 19/05/2022. Robin Tutenges

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Depuis le début de la guerre et surtout depuis qu'ils se sont remis à faire du skate, tous ont envie de créer, de vivre. Beaucoup ont désormais pour objectif de promouvoir la scène nationale au-delà des frontières, et de se rapprocher des skateurs européens.

Mitya, lui aussi, commence à refaire du skate. Un jour après le début de la guerre en Ukraine, le jeune homme a décidé de rejoindre la défense territoriale à Boutcha, sa ville, laissant de côté sa passion afin de prendre les armes. Son skate n’est pourtant jamais bien loin, gravé sur son bras ou dans son coffre, près du checkpoint où il est désormais de garde. Derrière sa barbe et son arme fermement empoignée, Mitya a 22 ans. Boutcha, Ukraine, le 17 mai 2022.

Mitya, lui aussi, commence à refaire du skate. Un jour après le début de la guerre en Ukraine, le jeune homme a décidé de rejoindre la défense territoriale à Boutcha, sa ville, laissant de côté sa passion afin de prendre les armes. Son skate n’est pourtant jamais bien loin, gravé sur son bras ou dans son coffre, près du checkpoint où il est désormais de garde. Derrière sa barbe et son arme fermement empoignée, Mitya a 22 ans. Boutcha, Ukraine, le 17 mai 2022.

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Mitya, lui aussi, recommence à faire du skate. Au lendemain de l'offensive russe en Ukraine, le jeune homme a laissé de côté sa passion pour rejoindre la défense territoriale à Boutcha, sa ville. Sa planche n'est pourtant jamais bien loin, gravée sur son bras ou dans son coffre, près du checkpoint où il est désormais de garde. Derrière sa barbe et son arme fermement empoignée, Mitya a 22 ans.

Eric (à gauche) et Daniel (à droite), passent devant un bâtiment détruit au mois de mars dans la ville de Dnipro, situé à quelques kilomètres du front. Ici, les skateurs ont déserté la ville. Certains ont pris les armes, d’autres sont allés se réfugier à l’ouest. Il ne reste que les très jeunes, ainsi que Daniel, Éric et leur ami Élia. Pour eux, le skate n’a plus la même saveur. La guerre occupe jour et nuit entièrement leur esprit. Ce jour-là, une nouvelle frappe russe au nord de Dnipro fera 10 morts. Dnipro, Ukraine, le 27 mai 2022.

Eric (à gauche) et Daniel (à droite), passent devant un bâtiment détruit au mois de mars dans la ville de Dnipro, situé à quelques kilomètres du front. Ici, les skateurs ont déserté la ville. Certains ont pris les armes, d’autres sont allés se réfugier à l’ouest. Il ne reste que les très jeunes, ainsi que Daniel, Éric et leur ami Élia. Pour eux, le skate n’a plus la même saveur. La guerre occupe jour et nuit entièrement leur esprit. Ce jour-là, une nouvelle frappe russe au nord de Dnipro fera 10 morts. Dnipro, Ukraine, le 27 mai 2022.

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Daniel (à gauche) et Eric (à droite), passent devant un bâtiment détruit au mois de mars dans la ville de Dnipro, située à quelques kilomètres du front. Ici, les skateurs ont déserté la ville. Certains ont pris les armes, d'autres sont allés se réfugier à l'ouest. Il ne reste que les très jeunes, comme Daniel, Eric et leur ami Elia, mais leur discipline n'a plus la même saveur depuis que la guerre occupe jour et nuit leur esprit. Ce jour-là, une nouvelle frappe russe au nord de Dnipro fera dix morts.

Si les skateurs commencent à revenir dans les rues de la capitale, rien n’est vraiment comme avant. Beaucoup d’entre eux n’ont pas été épargnés par la guerre. Kostia par exemple a passé une dizaine de jours enfermée dans un sous-sol, alors que sa maison familiale près de Boutcha, se faisait détruire par les bombes russes. Réfugié depuis dans le centre de la Capitale, le jeune homme de 23 ans se lance éperdument dans le skate. «On n’a aucune idée de quoi demain sera fait. Donc on a bien moins peur quand on skate, on se surpasse». Son objectif désormais: reconstruire la maison que «ses parents, issus d’un milieu modeste, ont mis 50 ans à construire» et montrer au monde le talent de la scène de skate ukrainienne. Kyiv,  Ukraine, le 23 mai 2022.

Si les skateurs commencent à revenir dans les rues de la capitale, rien n’est vraiment comme avant. Beaucoup d’entre eux n’ont pas été épargnés par la guerre. Kostia par exemple a passé une dizaine de jours enfermée dans un sous-sol, alors que sa maison familiale près de Boutcha, se faisait détruire par les bombes russes. Réfugié depuis dans le centre de la Capitale, le jeune homme de 23 ans se lance éperdument dans le skate. «On n’a aucune idée de quoi demain sera fait. Donc on a bien moins peur quand on skate, on se surpasse». Son objectif désormais: reconstruire la maison que «ses parents, issus d’un milieu modeste, ont mis 50 ans à construire» et montrer au monde le talent de la scène de skate ukrainienne. Kyiv, Ukraine, le 23 mai 2022.

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Parmi les skateurs, beaucoup n'ont pas été épargnés par la guerre. Kostia Okrugin, par exemple, a passé une dizaine de jours enfermé dans un sous-sol, alors que sa maison familiale, près de Boutcha, subissait les bombardements russes russes. Réfugié depuis à Kiev, le jeune homme de 23 ans s'est lancé éperdument dans la pratique du skate. "On n'a aucune idée de quoi demain sera fait. Donc on a bien moins peur quand on skate, on se surpasse". Son objectif désormais : reconstruire la maison que "ses parents, issus d'un milieu modeste, ont mis cinquante ans à construire" et montrer au monde le talent de la scène skate ukrainienne.

La communauté ukrainienne de skateurs se serre également les coudes. Maksym Pavlenko (à gauche), fondateur d’une marque locale de skateboard, héberge ici, sur le canapé de son appartement à Kyiv, Sasha Burchak, une membre de l’équipe de skate, depuis près de trois mois. Maksym a également mis son activité au service de la guerre, et reversé à l’armée ukrainienne une partie de ses ventes. Il fut le premier surpris de voir ses ventes exploser comme jamais auparavant. Kyiv, Ukraine, le 18 mai 2022.

La communauté ukrainienne de skateurs se serre également les coudes. Maksym Pavlenko (à gauche), fondateur d’une marque locale de skateboard, héberge ici, sur le canapé de son appartement à Kyiv, Sasha Burchak, une membre de l’équipe de skate, depuis près de trois mois. Maksym a également mis son activité au service de la guerre, et reversé à l’armée ukrainienne une partie de ses ventes. Il fut le premier surpris de voir ses ventes exploser comme jamais auparavant. Kyiv, Ukraine, le 18 mai 2022.

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La communauté ukrainienne des skateurs se serre les coudes. A Kiev, Maksym Pavlenko (à gauche), fondateur d'une marque de skateboard, héberge un membre de l'équipe locale depuis quelques mois. Maksym a également mis son activité au service de la guerre, et reverse à l'armée ukrainienne une partie de ses ventes. Il fut le premier surpris de voir ses ventes exploser comme jamais auparavant.

Au sud du pays, dans la ville de Dnipro, Maksym, qui est considéré comme «le premier skateur» de la ville, à lui aussi décider de participer à l’effort de guerre. Il a transformé son atelier de couture, où il fabriquait normalement des sacoches pour les cyclistes et skateurs, en véritable atelier de guerre. Désormais, il confectionne puis envoyé aux fronts des étuis à grenades et des petits sacs pour les munitions. Dnipro, Ukraine, le 27 mai 2022.

Au sud du pays, dans la ville de Dnipro, Maksym, qui est considéré comme «le premier skateur» de la ville, à lui aussi décider de participer à l’effort de guerre. Il a transformé son atelier de couture, où il fabriquait normalement des sacoches pour les cyclistes et skateurs, en véritable atelier de guerre. Désormais, il confectionne puis envoyé aux fronts des étuis à grenades et des petits sacs pour les munitions. Dnipro, Ukraine, le 27 mai 2022.

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A Dnipro, un autre Maksym, considéré comme "le premier skateur" de la ville, a lui aussi décidé de participer à l'effort de guerre. Il a transformé son atelier de couture, où il fabriquait normalement des sacoches pour les cyclistes et skateurs, en véritable atelier de guerre. Désormais, il confectionne puis envoie au front des étuis à grenades et des petits sacs pour les munitions.

Un skateur dans un skatepark de Kyiv, le 18/05/2022. Robin Tutenges

Un skateur dans un skatepark de Kyiv, le 18/05/2022. Robin Tutenges

© / ROBIN TUTENGES

Cet article est issu de notre numéro spécial "Nous, les Ukrainiens", en kiosques le 24 août, en partenariat avec BFMTV.