Tensions diplomatiques. Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone (PS) a décidé d'annuler une visite de députés prévue le 18 juin à Moscou. Une décision prise en réaction au refus des autorités russes de laisser entrer le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, sur le territoire russe.
"Les autorités de la Fédération de Russie ont confirmé l'interdiction faite au président du groupe socialiste (...) Bruno Le Roux d'entrer sur le territoire russe. Dans ces conditions, je ne vois d'autre option que d'annuler la participation française à la prochaine réunion de la Grande Commission France-Russie", a écrit Claude Bartolone à Serguei Narychkine, dans un courrier daté de ce lundi et transmis à l'AFP.
Conflit ukrainien en toile de fond
Chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux figure parmi 89 personnalités européennes auxquelles la Russie a décidé d'interdire l'accès à son territoire en riposte aux sanctions européennes à son encontre.
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Il y a une semaine, le président de l'Assemblée nationale avait prévenu qu'il demanderait au président du groupe PS de venir à Moscou pour la visite parlementaire et qu'il n'y aurait "pas de délégation" si "les Russes n'accept(ai)ent pas" sa présence.
Les critères de la décision russe inconnus
La visite des députés français était prévue à l'invitation de la Douma, dans le cadre de la Grande commission parlementaire France-Russie, organe permanent composé d'élus des deux chambres basses française et russe.
Claude Bartolone a souligné être "très attaché au dialogue" entre ces deux assemblées et avoir "pris l'initiative de reprendre nos rencontres, interrompues depuis plusieurs mois". Mais il a signifié à son homologue russe que "l'inscription, par les autorités russes, d'un président de groupe politique de l'Assemblée nationale sur une liste de personae non gratae ne saurait être tolérée", d'autant que les critères de cette décision "ne sont pas connus" et que l'intéressé l'a apprise "par voie de presse".
Le financement du FN par la Russie en question?
Bruno Le Roux, un proche du président Hollande, a affirmé lundi dernier ne pas savoir ce qui lui valait d'être persona non grata en Russie, mais a avancé l'"hypothèse" de sa dénonciation des "relations entre la Russie et l'extrême droite française", qui "n'aurait peut-être pas plu à M. Poutine".
Le groupe socialiste a demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le financement du Front national par des prêts bancaires russes.
En 2014, en réponse à l'annexion de la Crimée par la Russie, l'Union européenne a interdit de séjour sur son territoire un certain nombre de personnalités russes, dont le président de la Douma Sergueï Narychkine, un proche du président Poutine. Malgré tout, Sergueï Narychkine a fait plusieurs séjours en France depuis, dans le cadre d'invitations d'organisations internationales.
