"Sur le sujet des personnes LGBT en Tchétchénie, j'ai indiqué au président Poutine les attentes de la France, nous sommes convenus d'avoir un extrêmement suivi régulier", a annoncé ce lundi Emmanuel Macron, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue russe, depuis Versailles. "Le président Poutine m'a indiqué avoir pris plusieurs initiatives avec des mesures visant à faire la vérité complète sur les activités des autorités locales et régler les sujets les plus sensibles", a ajouté le chef de l'Etat, sans préciser que le jour même, l'Hexagone a accueilli un premier réfugié tchétchène homosexuel, souffrant de persécutions dans son pays.
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"Cette arrivée m'a été annoncée ce lundi matin par un appel de l'ambassadeur des droits de l'homme", assure à L'Express Joël Deumier, le président de l'association SOS Homophobie, confirmant une information de France Info. Le quai d'Orsay n'a pour le moment pas souhaité communiquer sur cette question. Comme d'autres associations de lutte pour les droits des personnes LGBT telles que Le Refuge, SOS Homophobie a oeuvré afin de constituer rapidement des dossiers de demandes d'asile en France pour ces Tchétchènes persécutés.
"Il y a une réelle volonté de les accueillir le plus vite possible"
"Les arrivées vont continuer dans les prochains jours", indique Joël Deumier, qui précise avoir lui-même signé "plusieurs attestations", sans en préciser le nombre, pour permettre l'accélération de ces dossiers. "Le ministère des Affaires étrangères nous a demandé de sélectionner les cas de personnes souffrant de persécution homophobe en Tchétchénie, il y a une réelle volonté de les accueillir le plus vite possible", souligne le président de SOS Homophobie.
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Il ajoute qu'il y a eu une "accélération des procédures" avant l'arrivée de Vladimir Poutine en France, "dans l'intérêt de tout le monde". Le 20 avril, alors que le journal indépendant russe Novaïa révélait les arrestations massives de Tchétchènes LGBT et les incitations des autorités du régime de Kadyrov à demander leur mort à leurs famille, le Kremlin avait réagi en niant ces informations.
"Malheureusement ou heureusement, il n'y a jusqu'à présent aucune confirmation concrète" de telles persécutions d'homosexuels en Tchétchénie, indiquait alors le porte-parole de la Russie. Novaïa assure qu'au moins deux personnes ont été assassinées en Tchétchénie et une troisième aurait succombé à des actes de torture.
