Le navire humanitaire Aquarius, de retour au large des côtes libyennes, a annoncé avoir récupéré un total de 141 personnes, secourues vendredi au cours de deux opérations distinctes. Sur Franceinfo, Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée, assure ce lundi avoir contacté Malte et l'Italie pour débarquer les rescapés: "Pour l'instant, nous avons un refus de prendre cette responsabilité. Officiel de la part de Malte et pas encore officiel de la part de l'Italie".

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Dans la matinée de vendredi, le bateau avait récupéré 25 migrants au large de la Libye, à bord d'une petite barque en bois, à 26 milles nautiques des côtes libyennes, au nord de Zouara. Dans la même journée, le bateau a ensuite récupéré 116 personnes, dont 67 mineurs non accompagnés, essentiellement originaires de Somalie et d'Érythrée. Ils se trouvaient sur une embarcation en bois, "surchargée", sans eau ni nourriture à bord, à 24 milles nautiques des côtes libyennes, au nord d'Abu Kammash, ont précisé SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF).

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite) a précisé samedi dans un entretien radiophonique à la Rai que L'Aquarius, "propriété d'un armateur allemand avec un pavillon de Gibraltar", "ne verrait jamais un port italien".

"Pour répondre aux impératifs humanitaires, nous sommes en discussion avec les pays concernés pour que, dans le plein respect du droit de la mer, ce bateau puisse aller rapidement au port sûr le plus proche", a précisé l'Elysée. Puisque le navire se trouve actuellement entre l'Italie et Malte, les ports français ne sont pas les plus proches, ajoute l'Elysée, écartant implicitement l'hypothèse de proposer au navire d'accoster en France. Le directeur du port de Sète, l'ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot, a cependant proposé lundi d'y accueillir le bateau.

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Le Premier ministre italien Giuseppe Conte s'est pour sa part félicité, dans une vidéo diffusée samedi sur Facebook, d'une forte diminution des débarquements de migrants sur les côtes italiennes au cours de ses deux premiers mois au pouvoir (-85% par rapport à juin-juillet 2017). Ceci "sans jamais perdre de vue la protection des droits des réfugiés et des demandeurs d'asile et la garantie d'un accueil digne", a-t-il jugé.

Le navire a tout de même annoncé qu'il continuait sa mission en mer Méditerranée et restait "attentif à toute autre éventuelle embarcation en détresse". Dans chaque communiqué, il est rappelé qu'il est le seul navire humanitaire actuellement présent dans cette zone.

En juin, L'Aquarius avait récupéré 630 migrants au large de la Libye. Mais M. Salvini avait refusé de les laisser débarquer en Italie tout comme le gouvernement de Malte. L'odyssée du navire s'était achevée dans le port espagnol de Valence. L'Aquarius est ensuite resté un mois en escale technique à Marseille.