Ancien des guerres d'Irak et d'Afghanistan, le général Ben Hodges a commandé l'armée américaine en Europe de 2012 à 2017, au moment de l'annexion de la Crimée et de la guerre dans l'est de l'Ukraine. A ce poste prestigieux, il s'est essentiellement consacré à la menace russe. Aujourd'hui résident en Allemagne, dont il parle la langue, est expert auprès de Human Rights First, une ONG américaine orientée vers les droits humains, il est régulièrement invité sur CNN ou Fox News.
Pensez-vous toujours, comme vous l'avez dit à L'Express au printemps dernier, que la Russie aura perdu la guerre d'ici au début de l'automne ?
Général Ben Hodges Ce que je voulais dire à l'époque, c'est que la Russie aurait atteint sa limite vers septembre et qu'elle aurait déployé sa puissance maximale sans pouvoir aller au-delà. J'avais dit, aussi, que les forces ukrainiennes allaient monter en puissance. Nous y sommes. L'armée russe a atteint son point culminant. Sa logistique est totalement défaillante. Un jour sur deux, un entrepôt de munition part en fumée, détruit par un bombardement ukrainien, touché par un missile, neutralisé par une opération des forces spéciales, saboté par des partisans en territoire occupé. Or, la Russie n'a pas la capacité de remplacer ce qui est détruit, en raison des sanctions occidentales qui l'empêchent de se procurer les composants technologiques indispensables à la maintenance de son matériel. Fait significatif : l'armée de l'air russe a commencé à cannibaliser les appareils civils de la compagnie Aeroflot afin d'assurer la maintenance de ses avions de guerre...

Aeroflot suspend ses vols jusqu'au 26 juillet à destination de la Turquie
© / afp.com/ADALBERTO ROQUE
La logistique est le problème n° 1 des Russes ?
Dans un conflit, la question de l'entretien, qu'il s'agisse d'avions ou de véhicules terrestres, est déterminante. Je ne parle pas de la réparation d'engins endommagés au combat mais de la maintenance quotidienne, routinière, du matériel. Pour gagner une guerre, il faut être en mesure d'accomplir cette tâche basique. Or les Russes n'y parviennent pas.
Ils ont aussi des problèmes de ressources humaines : ils peinent à trouver des volontaires prêts à venir se battre en Ukraine. De plus, il est probable qu'ils perdent des centaines, voire un millier de soldats dans la région de Kherson où ils sont piégés dans une nasse. L'armée ukrainienne a détruit les ponts sur le Dniepr, ce qui isole les troupes russes stationnées dans ce secteur, sur la rive droite du fleuve. Elles sont coupées de leur ligne d'appui logistique.
"Une offensive russe ? C'est exclu"
Si les Russes sont battus à Kherson, cela représentera une défaite humaine majeure mais aussi une défaite psychologique. Les Russes sont réduits à utiliser leur artillerie. C'est la seule chose dont ils sont encore capables. Et encore, ils ne tirent plus leurs missiles à la même cadence qu'au début l'été... Une offensive russe ? C'est exclu. Leurs troupes ne sont pas en mesure de créer un effet de masse et de densité suffisant où que ce soit, qui leur permettrait de lancer un assaut significatif. Ils ne sont pas organisés pour cela, d'autant que le front s'étend sur des centaines de kilomètres du nord au sud.
Voilà pourquoi je m'en tiens à ce que je vous avais dit, mais avec un léger décalage temporel : à la fin de l'année, les forces russes auront été repoussées à leur position du 23 février [à la veille du déclenchement du conflit, NDLR]. Mais je veux préciser quelque chose : ma prédiction se réalisera uniquement si l'Occident continue à fournir les armes aux Ukrainiens, conformément à nos engagements.
Concernant, les pertes russes, quelle est votre estimation ?
Tout d'abord, une observation. Prenez conscience de l'étendue géographique de l'Ukraine. C'est un territoire immense dont la Russie contrôle un peu moins d'un quart. Sachant qu'ils dominaient déjà la Crimée et une grande partie du Donbass à la veille du conflit, leurs gains territoriaux après six mois de guerre sont minimes, surtout si l'on songe à la dimension de l'engagement militaire initial.

De la fumée au-dessus de Severodonetsk, lors de combats entre armées russe et ukrainienne, le 7 juin 2022 dans la région du Donbass
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Concernant les statistiques, je m'en tiens aux estimations britanniques. Non pas que je ne fasse pas confiance aux Ukrainiens. Mais je préfère m'appuyer sur une source extérieure. Au total, 60000 à 70000 soldats russes - blessés ou tués - ont été mis hors d'état de combattre. C'est environ un tiers de l'effectif mobilisé le 24 février. Enorme ! D'autant que nous parlons ici de combattants d'infanterie, d'artilleurs, de conducteurs de camions, de pilotes de chars : bref, de gens qui, dans un conflit, remplissent des fonctions cruciales.
"A la place des Russes, je regarderais les choses en face"
Ce n'est pas tout. Une proportion importante d'officiers a été éliminée : des généraux bien sûr (une vingtaine) mais aussi, aux échelons inférieurs, des colonels, des capitaines, des lieutenants, c'est-à-dire des gens de terrain. Aujourd'hui, l'ancienne Armée rouge s'appuie sur des soldats mal formés, mal entraînés, mal disciplinés et... mal commandés. Ce n'est pas ainsi que l'on gagne une guerre.
Dans certains secteurs du front, la Russie dispose pourtant d'un avantage de 10 contre 1,en matière d'artillerie.
Cette évaluation est vraie par endroits, mais pas partout. Le nombre ne suffit pas. Les Russes frappent un peu partout à l'aveugle mais nulle part où cela compte vraiment. Les Ukrainiens sont plus sélectifs. Ils agissent avec discernement, concentrent leur artillerie sur certains points, là où ça fait le plus mal. Ils infligent des dégâts importants à la logistique et au commandement ennemis. Certes, les Russes disposent d'un avantage numérique en termes de lance-roquettes et de missiles, mais j'ignore la dimension exacte de leur stock - ce qui, je l'avoue, limite un peu mon raisonnement.
Une chose est sûre : de nombreux dépôts de munitions ont été détruits. Cela oblige les Russes à reculer leurs centres de stockage. Leurs lignes d'approvisionnement vers le front s'en trouvent rallongées. Je le répète : la logistique n'est pas leur fort. Tout cela complique leurs opérations.
De son côté, le commandement ukrainien cherche à créer les conditions permettant, le jour venu, de lancer une contre-offensive. Cela passe par la disruption des chaînes de commandement et de logistique et, bien sûr, par la neutralisation, autant que possible, de la force aérienne ennemie. C'est ce qui s'est produit, par exemple, sur la base aérienne de Saki (en Crimée), le 9 août. Un officier supérieur ukrainien à la retraite, quelqu'un de très haut placé, m'a appris que les dégâts étaient tels que cette base ne pouvait plus servir de "hub" stratégique, seulement de vulgaire centre de stockage.
En résumé, on assiste essentiellement à une guerre d'artillerie...
Pas uniquement. Le coeur de la bataille, c'est la logistique. Les guerres sont toujours des mises à l'épreuve, d'une part, de la volonté de se battre et, d'autre part, de la logistique. C'est à qui sera le plus habile à faire monter son matériel et ses hommes au front. Pour augmenter encore l'efficacité côté ukrainien, il convient maintenant, selon moi, d'autoriser les sociétés de logistiques privées à opérer en Ukraine, comme ce fut le cas en Irak et en Afghanistan. Ce serait extrêmement bénéfique.

Général Ben Hodges, ex-commandant de l' US Army en Europe sur la chaîne ARD en Allemagne, en octobre 1919 à Berlin.
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Car la chaîne d'approvisionnement occidentale, qui passe en grande partie par la Pologne, est étendue. Cela oblige les Ukrainiens à parcourir de longues distances afin de récupérer le matériel qui leur est destiné. Heureusement, les Russes n'ont pas été capables d'interrompre ce flux continu de trains et de camions au départ de la Pologne. Mais il faut faire mieux. C'est pourquoi je prône la mobilisation de logisticiens civils occidentaux. La logistique, c'est crucial.
Vous paraît-il envisageable qu'à un moment donné, les Russes "craquent" ?
Parfaitement. L'armée russe est affaiblie et épuisée. Certaines unités pourraient craquer, arrêter le combat. Pas forcément comme en 1917, lorsque, de manière massive, les soldats avaient déposé les armes d'un coup pour rentrer chez eux. Mais des désertions sporadiques, par petites unités, ici ou là, me paraissent réalistes. Et il pourrait y avoir une réaction en chaîne. Nombreux sont les soldats qui n'ont pas envie d'être en Ukraine. Des rapports signalent des refus de combattre, côté russe. Désormais, Moscou recrute dans les prisons, en échange de remises de peine... Beaucoup de ces repris de justice sont envoyés au front sans entraînement sérieux. On observe déjà que les unités russes sont moins performantes qu'il y a deux mois.
Notons aussi que Moscou évite d'enrôler des soldats à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Au contraire, le recrutement parmi les groupes ethniques vivant loin des centres urbains, en Sibérie notamment, est privilégié. La raison ? Si des funérailles avaient lieu tous les jours dans ces deux métropoles, cela minerait le moral des Moscovites et des Pétersbourgeois. Ce qui poserait problème au Kremlin. En résumé, le moral de l'armée russe n'est pas bon et son leadership est loin d'être exemplaire. De son côté, l'armée ukrainienne a l'avantage de se battre pour une cause juste : la défense de son pays.
Combien de pertes côté ukrainien ?
Je ne connais pas les chiffres. Mais je note que l'on en sait davantage sur les pertes et les opérations russes que sur ce qui se passe côté ukrainien. Cela montre que Kiev accomplit un meilleur travail de renseignement et de dissimulation de l'information que Moscou. Mais ne nous leurrons pas : les pertes ukrainiennes sont significatives. Après six mois de conflit, les deux côtés ont besoin de régénérer leurs armées. On assiste en ce moment à une sorte de course contre la montre pour remplacer les combattants et le matériel.
Que se passe-t-il en Crimée, aujourd'hui au coeur du conflit ?
Il est significatif que le président Zelensky ait déclaré que la guerre, commencée en Crimée, se terminerait en Crimée. La reconquête de la péninsule est un objectif stratégique légitime : aucun pays au monde, hormis le Venezuela, la Syrie et la Corée du Nord, ne reconnaît l'annexion de 2014, pas même la Biélorussie ! Toutefois, reprendre la Crimée paraît infaisable à court terme. Même le président Zelensky a dit que sa reconquête passerait probablement par des négociations.
"La 'grande' flotte de la mer Noire pèse peu face aux garde-côtes ukrainiens"
Quoi qu'il en soit, la Russie est face à une nouvelle réalité. Elle prend conscience que l'Ukraine peut frapper en Crimée, frappe en Crimée et continuera de frapper en Crimée. Pour l'état-major, la péninsule n'est plus un sanctuaire qui peut servir de barrière arrière logistique et de rampe de lancement d'où sont tirés impunément des missiles de croisière.

Le croiseur lance-missiles russe Moskva, le 31 juillet 2021 à Sébastopol, en Crimée. La navire a été coulé en mai 2022 par un missile ukrainien.
© / afp.com/-
Quant à la flotte de la mer Noire, elle aussi est sur la défensive. Une bonne partie de son armada a quitté le port de Sébastopol pour se replier derrière la côte orientale de la Crimée. L'ironie, c'est que la "grande" flotte de la mer Noire - qui a perdu tant de bâtiments, notamment son navire amiral "Moskva" au printemps dernier - est neutralisée par l'Ukraine... qui possède seulement des garde-côtes ! Maintenant, j'attends le jour où les Ukrainiens tireront un missile sur les réservoirs de carburants ou sur un point névralgique de Sébastopol afin de démontrer à Moscou qu'elle ne peut plus utiliser ce port.
L'Ukraine doit-elle, selon vous, viser le pont de Kertch, long de 19 kilomètres, qui relie la Crimée à la Russie ?
La semaine dernière [le 17 août, NDLR] s'est produite cette chose étonnante : après des bombardements ukrainiens s'est formé le plus gros embouteillage jamais vu en Crimée en direction de la Russie ! Les vacanciers russes ont soudain pris la tangente. Ces gens qui se trouvaient à la plage en maillot de bain ne semblaient absolument pas concernés par la guerre qui se déroulait pourtant sous leurs yeux, tout près de leurs hôtels. Ils voulaient juste fuir. Cela illustre le fait que "l'opération spéciale" de Poutine n'est pas si populaire.
"Les Ukrainiens vont-ils viser le pont de Kertch ? J'espère..."
La prochaine question est bien sûr : les Ukrainiens vont-ils viser le pont de Kertch ? Personnellement, je l'espère. Car cela perturberait le trafic des trains et camions de munitions russes. C'est une cible légitime parce que la Crimée est ukrainienne d'un point de vue légal. Certes, sa destruction humilierait le Kremlin, mais à ce stade, peu importe ! Au reste, il n'est même pas besoin de détruire complètement ce pont ; il suffit de le frapper de temps à autre pour décourager son utilisation.

Des vacanciers sur une plage des faubourgs de Sébastopol, le 16 juillet 2022 en Crimée
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Mais une autre façon de considérer les choses est la suivante : pour le moment, le pont est encore plus efficace debout que détruit. Dans le cadre de la guerre de l'information, les images de milliers d'automobilistes fuyant la Crimée dans un embouteillage monstre sont dévastatrices. Comment mieux exprimer l'idée que "l'opération spéciale" de Poutine est un échec ?
Revenons à la flotte russe : pourquoi sa neutralisation est-elle un enjeu si important ? Après tout, la guerre est essentiellement terrestre.
Premièrement, la flotte de la mer Noire donnait à la Russie la possibilité de contrôler la navigation sur tout cet espace maritime. A l'inverse, sans elle, les problèmes d'exportations de blé ukrainien peuvent être résolus. Deuxièmement, la flotte russe (qui, excepté la sous-marinade, est mal entraînée et médiocrement disciplinée) permet à Moscou de tirer des missiles de croisière sur des innocents et des infrastructures ukrainiennes. Enfin, elle dispose en théorie de capacités amphibies qui auraient pu permettre un débarquement sur les côtes ukrainiennes dès le début du conflit. Personnellement, je suis surpris qu'elle ne l'ait pas fait.
Quoi qu'il en soit, la marine russe est aujourd'hui diminuée au point qu'elle ne pourra jamais conquérir le port d'Odessa. Dernière chose : n'oublions pas qu'elle n'a aucun moyen de se renforcer puisque les détroits donnant accès à la mer Noire sont bloqués par la Turquie, conformément au traité de Montreux. Bref, sur mer, la Russie ne peut que s'affaiblir.
Se pourrait-il qu'au sein de la structure militaire russe existe un général Massu ou un général Salan qui, comme au temps de la guerre d'Algérie en 1958, veuille renverser le pouvoir en place ?
J'imagine difficilement un tel scénario. Depuis vingt ans, le Kremlin consacre beaucoup de temps et d'énergie à s'assurer qu'aucune "révolution de couleur" ne se produise. De nombreux commandants militaires ont été remerciés et remplacés par d'autres, jugés plus fiables. Le 19 août, le vice-amiral Osipov, qui commandait la flotte de la mer Noire, a démis de ses fonctions et remplacé par le vice-amiral Sokolov. Ceci après les nombreux revers essuyés en Crimée par les Russes.
"Les Russes vont continuer de 'travailler' les opinions publiques occidentales"
Cependant, le sommet de la hiérarchie reste stable : le général Guerassimov demeure en poste malgré l'échec évident de "l'opération spéciale" en Ukraine - probablement parce qu'il représente une forme de continuité et que le remplacer donnerait un signal négatif. Je ne dis pas qu'une tentative de putsch soit catégoriquement exclue. Mais cela me paraît improbable en ce moment.
A votre avis, quelles sont les priorités du général Guerassimov?
Tout d'abord, il a besoin que le Kremlin casse la cohésion de l'Occident afin de tarir le flux d'aide militaire qui arrive de l'ouest sans discontinuer. Ensuite, il doit résoudre son problème de ressources humaines. Il réfléchit probablement à une improbable mobilisation générale pour tenter de retrouver une supériorité numérique sur le terrain. Enfin, il est pour lui indispensable de remettre sa marine et son aviation en état de marche.
Ne craignez-vous pas de livrer ainsi vos bons conseils à la Russie ?
Non, parce que les Russes sont déjà parfaitement au courant de tout cela. Ils savent aussi que résoudre leurs problèmes peut prendre beaucoup, beaucoup de temps. Cela se compte en mois, voire en années. C'est pourquoi ils misent sur la lassitude de l'Occident. Ils se disent que les élections de midterms en novembre détourneront l'attention des Américains ; que la perspective d'une pénurie de gaz effrayera les Allemands ; que l'inflation et la succession chaotique de Boris Johnson accapareront les Britanniques. Bref, le Kremlin mise sur le désengagement des Occidentaux. Les Russes vont donc continuer d'effectuer un travail de sape sur les opinions publiques occidentales en ce sens.

Joe Biden, Emmanuel Macron et Boris Johnson devant l'Otan à Bruxelles le 24 mars 2022
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Est-ce que cela peut marcher ? Je ne crois pas. Car le président Biden ainsi que d'autres leaders, comme Emmanuel Macron, sont maintenant très impliqués dans le conflit. Ils sont conscients que cette guerre dépasse l'Ukraine : il s'agit d'une agression contre l'Europe entière mais aussi d'une attaque contre la démocratie menée par une autocratie. De plus, ils savent que les Chinois observent la situation. Et que si, tous ensemble, nous ne sommes pas capables de stopper la Russie, alors les Chinois se sentiront fondés à passer à l'action de l'autre côté du globe.
Vous qui vivez à Francfort, que pensez-vous de l'attitude de l'Allemagne ?
Berlin a fait l'objet de critiques [en raison de son attitude timorée vis-à-vis de Moscou] à juste titre. Maintenant, pour conserver un certain leadership européen, les Allemands ont besoin d'être perçus comme des gens ayant contribué à la résistance contre la Russie et à la victoire de l'Ukraine. Faute de quoi plus personne ne respectera leur pays. La crédibilité de Berlin sera gravement affectée - beaucoup plus qu'elle ne l'est actuellement -, voire détruite. Mon avis est que le chancelier Olaf Scholz, qui est très prudent, devrait s'engager davantage qu'il ne le fait aujourd'hui. Et je crois que sous la pression des Verts allemands en ce sens, il n'est pas exclu qu'il se mobilise davantage.
