Leur valeur est "inestimable". Des bijoux en diamant du XVIIIe siècle ont été dérobés lundi 25 novembre dans un musée de Dresde, dans l'est de l'Allemagne. Un cambriolage spectaculaire qui a choqué le pays.

Lundi à l'aube, au moins deux cambrioleurs sont parvenus à s'introduire dans le musée de "La Voûte verte", qui possède une collection de trésors unique en Europe. "En quelques minutes" seulement, selon la police, ils sont parvenus à s'emparer de nombre de bijoux et de pièces faits de pierres précieuses, notamment une épée sertie de plus de 700 diamants. La vitrine visée par le cambriolage renferme trois parures de diamants comportant des dizaines de pièces.

La directrice des collections d'art d'Etat de Dresde, Marion Ackermann, a parlé d'un préjudice d'une valeur historique et culturelle "inestimable" et non chiffrable. "Nous ne pouvons pas les réduire à une valeur car elles ne sont pas à vendre", a-t-elle expliqué. Dans la soirée, elle a toutefois fait part d'une "bonne nouvelle" et indiqué que le vol était un peu moins important que redouté initialement.

Une vitrine brisée à coups de hache

"Les criminels n'ont pas pu tout prendre", a-t-elle assuré sur la chaîne publique ZDF. "Nous avons pu établir que qu'il restait finalement pas mal d'éléments de ces trois parures dans l'une de ces vitrines", a précisé Marion Ackermann, expliquant que chaque pièce était "quasiment cousue dans un support", ce qui avait permis d'éviter un larcin de plus grande ampleur.

Une vidéo diffusée par la police montre deux malfaiteurs pénétrer dans une salle du musée munis de lampes de poche. Puis l'un des deux, qui porte une capuche, brise à coups de hache une vitrine.

Un transformateur incendié, le quartier plongé dans le noir

"Cela n'a duré que quelques minutes", a expliqué Jörg Kubiessa, directeur de la police de Dresde sur ZDF. "Le cambriolage était très bien préparé"; a-t-il ajouté, évoquant une possible "bande" criminelle à l'origine du vol. "Nous sommes choqués par la brutalité de ce vol", a également confié Marion Ackermann.

Un autre responsable des musées de la ville a indiqué que les parures dérobées faisaient "partie du patrimoine culturel mondial". Compte tenu de leur notoriété, les bijoux sont difficilement négociables tels quels sur le marché et les responsables du musée n'excluent pas que les voleurs cherchent à les tailler pour les recycler sous une autre forme.

LIRE AUSSI >> Une fausse princesse émiratie vole 1,6 million d'euros de diamants à Paris

Les enquêteurs ont établi un lien entre ce cambriolage et un incendie qui a détruit un transformateur électrique situé à proximité lundi vers 5 heures du matin, désactivant ainsi les alarmes du musée et l'éclairage des rues adjacentes. Les voleurs sont ensuite entrés par une petite ouverture d'une fenêtre du musée, avant d'accéder aux parures. Ils sont parvenus à s'introduire dans la chambre forte verte d'Auguste le Fort, prince-électeur de Saxe et roi de Pologne au XVIIIe siècle.

Une des plus importantes collections de trésors d'Europe

À partir de 1723, Auguste II, dit Auguste le Fort, a entreposé dans ce musée, construit au XVIe siècle, sa collection personnelle, associée à des bijoux et oeuvres de la Renaissance ou d'art Baroque. Une partie du musée, un des plus anciens d'Europe, a été détruite durant la Seconde guerre mondiale lors du bombardement allié du 13 février 1945, avant d'être reconstruite.

Le musée est réputé posséder une des plus importantes collections de trésors en Europe, composée d'orfèvrerie, de pierres précieuses, de porcelaine, de sculptures d'ivoire et d'ambre, de bronzes et de récipients sertis de pierreries. La ministre allemand de la Culture, Monika Grütters, a souligné que ce vol "de pièces constitutives de notre identité en tant que nation culturelle nous touche au coeur". La sécurité dans les musées et leur protection contre ce genre de cambriolage sont "un devoir de la plus haute priorité", selon elle.

Ce spectaculaire cambriolage est le deuxième vol d'importance en Allemagne ces dernières années : en 2017, une pièce d'or géante de 100 kilos, d'une valeur d'environ 3,75 millions d'euros, avait été dérobée au Bode-Museum de Berlin. Plusieurs auteurs présumés du vol sont face à la justice. La pièce aurait été fondue.