La question n'est pas de savoir si Boris Johnson va partir, mais quand. Pour le fantasque Premier ministre qui a annoncé sa démission le 7 juillet, le 10, Downing Street ne sera bientôt plus qu'un souvenir. Se posera alors, pour lui, une question cruciale : que faire après ? Si l'intéressé n'a pas encore évoqué la suite qu'il compte donner à sa carrière, il ne manque pas d'options. Et pourrait même, s'il manque d'idées, s'inspirer de ses prédécesseurs...

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"Tout est possible avec Boris Johnson", glisse Claire Breniaux, chercheuse en civilisation britannique à l'université de Franche-Comté. Il nous a surpris plus d'une fois, les options restent très ouvertes." Comme Theresa May, BoJo pourrait dans un premier temps rester député, lui qui est élu dans une circonscription de l'ouest de Londres. Après sa démission en 2019, l'ex-Première ministre était, elle, retournée sur les bancs de la Chambre des communes, avant de se faire réélire dans sa circonscription la même année.

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Mais son retour dans l'arène parlementaire pourrait aussi être bref. Après son départ en 2016, l'ancien chef du gouvernement David Cameron n'était resté que deux mois sur les bancs de l'Assemblée, puis il avait démissionné. Un an plus tard, il rejoignait le secteur privé... avant de se faire rattraper, en mars dernier, par un scandale lié à son intense activité de lobbying auprès des autorités politiques et financières, pour le compte de la société Greensill Capital.

Conférences, journalisme, ou les deux ?

Boris Johnson, qui s'était plaint à plusieurs reprises de problèmes d'argent durant son mandat, peut en tout cas se rassurer : il ne devrait plus en manquer. "Son niveau de vie sera certainement plus confortable hors de la vie politique, confirme Catherine Marshall, professeure en histoire et civilisation britanniques à Cy Cergy Paris Université. En étant par exemple grassement payé en tant que conférencier." Lors d'une levée de fonds en 2019, un généreux donateur avait déjà accepté de payer 99 500 livres sterling (117 000 euros) au parti conservateur pour un petit-déjeuner en sa compagnie.

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Selon la presse britannique, Theresa May aurait aussi, au cours des deux années ayant suivi son départ, accumulé près de 2 millions de livres sterling (2,3 millions d'euros) grâce à de juteuses conférences, dont une grande partie aux Etats-Unis. Une possible terre d'opportunité pour Boris Johnson, né à New York en 1964, et qui serait certainement accueilli à bras ouverts par le camp Trump.

A moins qu'il ne revienne à ses premières amours : les lettres. Avant de devenir secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères en 2016, Boris Johnson préparait une biographie de Shakespeare, qu'il n'a jamais terminée, mais pour laquelle il aurait déjà reçu une confortable avance de son éditeur. Et quid, enfin, d'un retour au journalisme, lui qui a consacré à la presse une grande partie de sa vie professionnelle ? Jusqu'en 2016, BoJo occupait encore un poste de chroniqueur au Daily Telegraph, généreusement payé 250 000 livres (295 000 euros) par an. Un bon moyen pour l'ancien leader conservateur de conserver un certain poids dans le débat public.