Il suffit d'un mot du chef pour que le cerveau de ses fidèles s'embrase. Depuis que Donald Trump a annoncé, ce lundi 8 août, sur son réseau social Truth Social que sa "belle demeure" de Mar-a-Lago, en Floride, avait été "assiégée et perquisitionnée" par le FBI, les soutiens de l'ancien président des Etats-Unis sont furieux et, comme à leur habitude, le font violemment savoir. Ce jeudi 11 août, un certain Ricky Shiffer, présent lors de l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021, a voulu venger Donald Trump en tirant sur un bureau du FBI à Cincinnati, dans l'Ohio. Il a été abattu par les forces de police, mais le message qu'il a laissé sur le réseau social trumpiste invite tous les membres à s'armer pour "mettre fin à la tyrannie des autorités", et c'est là une menace impossible à neutraliser. En effet, cet appel a été très vite relayé, et de nombreux posts appelant à aller assassiner des agents fédéraux ou même le procureur général des Etats-Unis circulent en ce moment. Face à ce déferlement de haine, le patron du FBI, Christopher Wray, nommé par Trump en 2017, s'est dit "préoccupé" et a appelé les internautes à la raison : " La violence contre les forces de l'ordre n'est pas la réponse, peu importe contre qui vous êtes en colère."

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Déjà, au moment de la perquisition de Mar-a-Lago, ils étaient des centaines, drapeaux américains et pancartes pro-Trump en main, à crier leur colère contre ce qu'ils estiment être de l'acharnement politique. Du moins, c'est ce que leur a dit Donald Trump, et cela suffit pour être vrai. Alors qu'il est déjà au coeur de deux enquêtes - l'une concernant son rôle dans l'assaut contre le Capitole, l'autre pour des soupçons de fraudes financières via la Trump Organization - voici qu'une troisième vient s'ajouter. Cette dernière, qui a mené à la perquisition, vise à savoir si l'ancien président a emporté avec lui des documents classés confidentiels lors de son départ de la Maison-Blanche. En janvier dernier, quinze caisses avaient déjà été restituées aux autorités, mais il en manquerait encore beaucoup. Peu importe pour ses soutiens, qui semblent davantage l'aimer après chaque nouvelle poursuite. Même pas besoin de ligne de défense, la voix du président et celle de la chaîne de télévision Fox News passant leur temps à dénoncer "l'instrumentalisation politicienne d'institutions corrompues". En première ligne, l'administration Biden, qui, inquiète de la force retrouvée de Trump, chercherait à lui nuire par tous les moyens.

Les scellés de la perquisition pourraient être levés

Devant cette dangereuse opposition populaire, le département de la Justice s'est senti obligé de justifier son action. Le procureur général en charge de l'affaire a déclaré que la décision de perquisitionner le domicile d'un ancien président n'était pas "une décision prise à la légère" et qu'il se serait contenté d'une opération moins "intrusive", si la situation l'avait permis. Mais l'affaire est grave, et elle n'est pas nouvelle, Donald Trump ayant passé son mandat à dégrader des documents qui auraient dû être transmis aux archives nationales. Pour prouver le professionnalisme de son département, Merrick Garland a même annoncé avoir déposé une motion pour que les scellés de la perquisition soient levés. Les preuves sous le nez, les soutiens de Donald Trump changeraient-ils de mantra ? Sûrement pas, l'ancien président ayant déjà accusé les agents du FBI d'avoir "placé des preuves contre lui". Il pourra bien compter sur ses partisans, toujours unis dans l'adversité. Il n'en reste pas moins toute une autre Amérique à informer.