C'est une crainte venue des Gaulois qui ne manque jamais de nous faire sourire. Cette fois, ce n'est pas le ciel qui risque de nous tomber sur la tête, mais un morceau de fusée. Selon l'Aerospace Corporation, une société américaine spécialisée dans l'aérospatial, un important débris spatial devrait faire une "entrée incontrôlée" dans l'atmosphère ce dimanche 31 juillet, et donc s'écraser sur la Terre. Ce débris, un cylindre de 33 mètres de long et de plus de 20 tonnes, constituait l'étage de la fusée chinoise Longue Marche 5B, partie dans l'espace le 24 juillet dernier afin de lancer un module secondaire autour de la station spatiale de la Chine. Si le module a bien été rattaché, un morceau de fusée flotte désormais en toute liberté dans l'espace.
Il faut dire que la fusée Longue Marche 5B a une particularité par rapport à ses cousines : elle ne possède qu'un étage, quand les autres en ont deux. Dans la grande majorité des cas, le premier étage d'une fusée assure la première poussée, avant de se détacher pour tomber dans un endroit sûr. Un second étage, beaucoup plus petit, prend alors le relais. Mais sur la fusée Longue Marche 5B, le premier étage fait tout le travail. "Normalement, le premier étage d'une fusée et les boosters qui l'accompagnent ne sont pas conçus pour atteindre une orbite", explique l'Aerospace Corporation. En effet, laisser flotter hors de tout contrôle humain un débris de grande taille peut s'avérer dangereux, car on sait que, tôt ou tard, il finira par retomber.
Des envois qui agacent la NASA
Ce n'est pas la première fois que la Chine utilise une fusée Longue Marche 5B, mais la troisième. Le 29 avril 2021, le premier module de la station spatiale chinoise avait été lancé par ce moyen dans l'espace. Le premier étage était alors entré en orbite, avant de s'écraser dans l'Océan indien le 8 mai. Un an plus tôt, des débris provenant certainement d'une fusée de ce type avaient endommagé des bâtiments en Côte d'Ivoire, sans faire de victimes. Ces retours incontrôlés avaient agacé la NASA et son administrateur, qui déclarait, après le deuxième retour incontrôlé sur Terre, que la Chine ne respectait pas "les normes de responsabilité concernant ses débris spatiaux". Pékin semble en effet peut s'en soucier, estimant que la probabilité que des débris causent des dégâts humains demeure très faible, du fait de l'importante couverture océanique de notre planète. Le pays envisage d'ailleurs un nouvel envoi dès 2023.
Fort heureusement, l'intégralité de l'étage ne va pas retomber sur Terre, de grandes parties étant consumées lors de l'entrée dans l'atmosphère. Néanmoins, il faut s'attendre à voir 5 à 9 tonnes de matériel passer la frontière terrestre. Quant à savoir où l'impact aura lieu, l'Aerospace Corporation s'appuie sur le réseau de surveillance spatiale des Etats-Unis pour situer, au plus précis, la zone d'atterrissage entre le 41e parallèle nord, au sud de l'Europe, et le 41e parallèle sud, au sud de l'Afrique. Une zone immense, donc, comprenant la majorité de l'Amérique, toute l'Afrique et le sud de l'Asie, mais aussi une grande partie des océans de la Terre. La France, elle, ne sera pas touchée.
