De l'Afrique à la Chine, en passant l'Inde, une petite partie de l'humanité a eu le privilège d'assister furtivement ce dimanche, au solstice d'été, à une éclipse solaire exceptionnelle de type "cercle de feu". Ce phénomène astronomique, qui ne se produit qu'une ou deux fois par an, a débuté peu après le lever du soleil au centre de l'Afrique, traversant la République démocratique du Congo (RDC), le Soudan du Sud, l'Éthiopie, avant de se diriger vers l'Asie, pour finir dans l'océan Pacifique, au sud de l'île de Guam, après avoir notamment traversé l'Inde et la Chine.
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Dans ce type d'éclipse, la Lune passe devant le Soleil, dans un alignement avec la Terre suffisamment parfait pour le cacher. Mais pas entièrement, comme lors d'une éclipse totale : la Lune n'étant pas assez près de la Terre, il s'agit d'une éclipse annulaire, c'est-à-dire qu'à son maximum, il reste un anneau autour du Soleil, appelé "cercle de feu".

Le cercle de feu créé par l'éclipse partielle du soleil capturé à Taiwan.
© / Sam Yeh / AFP
A Nairobi, la capitale du Kenya, un peu à l'écart du tracé idéal, les curieux n'ont pu observer qu'une éclipse partielle, les nuages apparaissant quelques secondes au moment précis où la Lune aurait dû venir cacher presque entièrement le Soleil.

L'éclipse de type "cercle de feu" observée depuis le Kenya ce dimanche 21 juin. (Photo by YASUYOSHI CHIBA / AFP)
© / YASUYOSHI CHIBA / AFP
Malgré tout, "c'était très excitant, parce que je suis obsédée par les éclipses", a confié à Susan Murabana, fondatrice avec son mari Chu du programme éducatif "Travelling télescope" (le télescope itinérant).
Installés avec leur télescope sur le toit d'un quartier résidentiel, ils ont fait observer l'éclipse à des dizaines de personnes, via les plateformes Facebook et Zoom.
Source de superstitions
Au Sri Lanka, en raison du Covid-19, le planétarium a été fermé pour éviter les rassemblements. Seul un petit groupe d'une quinzaine d'étudiants était réuni autour d'un télescope de l'Université de Colombo, la capitale, diffusant en direct les images de l'éclipse sur Facebook.
"Il y a beaucoup de désinformation autour des éclipses et nous essayons de les combattre dans notre programme", a déclaré le Pr Chandana Jayaratne, qui dirige le département d'astronomie et de sciences de l'espace de l'université.

La lune recouvre partiellement le soleil, observée depuis le Sri Lanka
© / LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP
"Par exemple, au Sri Lanka, on dit aux femmes enceintes de ne pas sortir, de crainte que leur bébé naisse avec des malformations cardiaques. Mais nous voulons montrer aux gens qu'une éclipse n'est rien d'autre qu'un jeu d'ombres et de lumière", a-t-il expliqué.
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En revanche, les spécialistes soulignent la nécessité de se munir de lunettes spéciales éclipse, de masques de soudeurs homologués, ou d'utiliser les moyens d'observation des astronomes amateurs, mais de ne pas regarder l'astre à l'oeil nu, même avec des lunettes de soleil, qui ne filtrent pas les UV.

Le soleil presque entièrement recouvert par la lune, photographié depuis New Delhi en Inde.
© / Jewel Samad / AFP
Dans les pays du Golfe, l'observation du phénomène était contrariée par l'humidité et la poussière des chaleurs d'été.

Au Pakistan, les curieux observent l'éclipse à travers des radios.
© / Aamir QURESHI / AFP
Seulement 2% de la surface de la Terre étaient concernés par la phase totale de l'éclipse, ce qui rend le phénomène exceptionnel.
Il est toutefois moins spectaculaire qu'une éclipse totale, où la place qu'occupe la Lune dans le ciel correspond exactement à celle du Soleil et provoque la nuit, comme ce fut le cas au-dessus de la France en 1999.
