Relais de poids pour l'initiative de George Clooney. Le chanteur britannique Elton John a soutenu l'appel de l'acteur américain au boycott d'hôtels de luxe liés au sultan de Brunei, riche petit Etat pétrolier d'Asie du Sud-Est qui s'apprête à instaurer la peine de mort en cas d'homosexualité ou d'adultère.

Le chanteur de Your Song ou Candle in the Wind, qui a épousé son compagnon David Furnish en 2014, a félicité sur Twitter l'acteur "d'avoir pris position contre la discrimination anti-gay et le sectarisme qui sévit dans le pays de #Brunei - un endroit où les homosexuels sont brutalisés, voire pire - en boycottant les hôtels du Sultan."

"Nous devons envoyer un message", a-t-il ajouté, affirmant que son mari et lui avaient "depuis longtemps refusé de séjourner dans ces hôtels et continuerons à le faire". Appelant à le "rejoindre" dans sa démarche, Elton John cite une liste d'"hôtels à boycotter", parmi lesquels The Dorchester et 45 Park Lane à Londres ou encore les célèbres Meurice, et Plaza Athénée à Paris.

"Double système judiciaire"

George Clooney a appelé au boycott de neuf hôtels de luxe liés au Sultan de Brunei dans une tribune reproduite par le site internet Deadline, spécialisé dans le divertissement. Le 3 avril, "la nation de Brunei va commencer à lapider et à fouetter à mort n'importe lequel de ses citoyens convaincus d'être homosexuel. Comprenez-le bien", a écrit George Clooney. La nouvelle législation de Brunei, situé sur l'île de Bornéo, prévoit aussi l'amputation d'une main ou d'un pied pour vol.

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Cette petite monarchie de 430 000 habitants est dirigée d'une main de fer par le sultan Hassanal Bolkiah depuis 1967. Elle a annoncé en 2013 l'introduction progressive de la charia, mais la mise en application de ces mesures avait été retardée pour des questions pratiques et face à l'opposition d'une partie de l'opinion.

Le bureau du Premier ministre de Brunei a diffusé samedi un communiqué rappelant que le pays avait un "double système judiciaire", l'un islamique, qui ne s'applique qu'aux musulmans - représentant plus des deux tiers de la population -, l'autre civil, qui concerne l'ensemble des habitants du pays. "Avec l'entrée en vigueur complète" de cette loi islamique "à partir du 3 avril, les deux systèmes continueront à s'appliquer en parallèle afin de maintenir la paix et l'ordre et préserver la religion, la vie, la famille et les individus quels que soient leur genre, nationalité, race et confession", y est-il écrit.