Une main tendue. Après 10 jours de tensions, liées à la crise des sous-marins australiens et la rupture du "contrat du siècle", Boris Johnson a fait un premier pas vers Emmanuel Macron ce vendredi.

Lors d'un entretien téléphonique, le chef du gouvernement britannique et le président français "ont réaffirmé l'importance de la relation entre la France et le Royaume-Uni et sont convenus de continuer à travailler en étroite collaboration partout dans le monde", selon Downing Street.

En brouille sur de multiples sujets (pêche, immigration...), Paris garde malgré tout ses distances. Insistant sur le fait que l'initiative venait de Londres, l'Elysée a assuré que Boris Johnson avait exprimé "son intention de rétablir une coopération entre la France et le Royaume-Uni, conforme à nos valeurs et à nos intérêts communs (climat, Indo-Pacifique, lutte contre le terrorisme)". "Le président lui a répondu qu'il attendait ses propositions", a poursuivi sèchement la même source.

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"L'annonce de l'alliance AUKUS a été un choc", a rappelé vendredi Florence Parly, en marge d'une rencontre à Stockholm avec certains de ses homologues, dont un représentant britannique. "Nous attendons des éclaircissements" de la part "d'un allié et d'un pays européen". Une rencontre bilatérale cette semaine entre la ministre française des Armées Florence Parly et son homologue Ben Wallace a été annulée en guise de représailles. Mais l'ambassadeur à Londres n'avait pas été rappelé par Paris, à la différence de ceux en poste en Canberra (Australie) et Washington (États-Unis).

"Give me a break"

Le ton adopté ce vendredi est en tout cas plus conciliant qu'en début de semaine, lorsque Boris Johnson avait demandé à son allié - en "franglais" - de se ressaisir et de lui "donnez un break" ("Give me a break", "Laissez-moi souffler").

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Entre Français et Américains aussi la crise diplomatique - l'une des plus graves entre ces deux alliés historiques - a amorcé une détente. Un appel mercredi entre Emmanuel Macron et son homologue américain Joe Biden a permis de reprendre le dialogue, sans toutefois rétablir pleinement la confiance, et ouvert la voie au retour à Washington de l'ambassadeur français Philippe Etienne.

Les Etats-Unis ont promis jeudi des "actes" pour surmonter cette crise avec la France, tout en concédant, tout comme Paris, que cela prendrait du "temps". Continuant à avancer ses pions dans la région indo-pacifique, Joe Biden reçoit vendredi les Premiers ministres d'Inde, du Japon et d'Australie afin de dialoguer d'une alliance plus "informelle", le "Quad", entre ces quatre pays. La réunion devrait surtout insister sur des chantiers économiques, environnementaux, et sur la lutte contre la pandémie.