Le pape Benoît XVI va plaider pour les droits de l'Homme ce vendredi devant l'assemblée générale de l'ONU, dans un discours annoncé par son entourage comme le moment fort de son voyage aux Etats-Unis.
Ce voyage commencé mardi à Washington a surtout été marqué jusque là par la reconnaissance par le pape de la "honte" de l'Eglise pour les scandales de pédophilie au sein de l'Eglise catholique américaine. Il a rencontré jeudi une délégation de victimes, un geste que n'avait pas fait Jean Paul II.
L'arrivée du pape dans l'enceinte du stade habituellement voué au base-ball a déclenché des vivats dignes d'une rencontre sportive et la vague d'enthousiasme s'est répandue dans les gradins au passage de la voiture panoramique à bord de laquelle il se trouvait.
Le pape quittera en début de matinée Washington, première étape de sa visite pastorale aux USA, pour gagner en avion l'aéroport John Fitzgerald Kennedy de New York d'où il sera transféré en hélicoptère au centre de Manhattan, non loin du siège des Nations unies.
Le pape interpellera la communauté internationale sur la nécessité de fonder les droits de l'Homme "sur la justice et l'éthique", et "sur ses obligations de protéger les droits des plus faibles", a ajouté ce proche collaborateur du chef de l'Eglise catholique.
Benoît XVI accorde aux questions éthiques une place prioritaire dans son message, moins féru de diplomatie internationale que Jean Paul II.
Benoît XVI s'est récemment montré sévère envers l'ONU, accusée de pratiquer une "logique relativiste" conduisant à privilégier le consensus sur la vérité. Mais il défend son existence, attaché au multilatéralisme qu'il considère comme une condition indispensable à l'équilibre du monde.
En fin d'après-midi à l'"East Park synagogue", le pape rencontrera le rabbin Arthur Scheiner, très engagé dans le dialogue interreligieux.
La rencontre, qui a duré entre 20 et 25 minutes, a eu lieu dans la chapelle de la nonciature apostolique, où réside le pape pendant son séjour dans la capitale fédérale. Le groupe a prié avec le pape "qui a ensuite écouté leurs récits personnels et leur a offert des paroles d'encouragement et d'espoir", a indiqué le Vatican.
L'église catholique américaine a été secouée par ce scandale depuis l'aveu en 2002 de l'archevêque de Boston de l'époque, le cardinal Bernard Law, qui avait admis avoir protégé un prêtre ayant agressé sexuellement de jeunes catholiques, déclenchant une série de révélations embarrassantes et un afflux de plaintes.