Le pape Benoît XVI va plaider pour les droits de l'Homme ce vendredi devant l'assemblée générale de l'ONU, dans un discours annoncé par son entourage comme le moment fort de son voyage aux Etats-Unis.

Ce voyage commencé mardi à Washington a surtout été marqué jusque là par la reconnaissance par le pape de la "honte" de l'Eglise pour les scandales de pédophilie au sein de l'Eglise catholique américaine. Il a rencontré jeudi une délégation de victimes, un geste que n'avait pas fait Jean Paul II.

Un stade pour un pape
Le pape a également réussi jeudi son premier examen de passage devant une foule de 48000 catholiques américains qui l'ont accueilli avec enthousiasme au Nationals Park Stadium de Washington où il a célébré la première messe publique de son voyage aux Etats-Unis.

L'arrivée du pape dans l'enceinte du stade habituellement voué au base-ball a déclenché des vivats dignes d'une rencontre sportive et la vague d'enthousiasme s'est répandue dans les gradins au passage de la voiture panoramique à bord de laquelle il se trouvait.

Visite à la synagogue
La journée de vendredi sera aussi marquée par une visite dans une synagogue à quelques heures du début de la Pâque juive, un geste destiné à manifester l'attachement du pape au dialogue avec le judaïsme.

Le pape quittera en début de matinée Washington, première étape de sa visite pastorale aux USA, pour gagner en avion l'aéroport John Fitzgerald Kennedy de New York d'où il sera transféré en hélicoptère au centre de Manhattan, non loin du siège des Nations unies.

L'ONU comme point culminant du voyage
Benoît XVI est le troisième pape à être reçu au siège de l'organisation internationale, après Paul VI et Jean Paul II. Alors que l'ONU célèbre le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'Homme, le discours de Benoît XVI "sera centré sur ce thème et surtout sur l'unité et l'indivisibilité des droits humains fondamentaux", a récemment indiqué le secrétaire d'Etat du Vatican, Tarcisio Bertone.

Le pape interpellera la communauté internationale sur la nécessité de fonder les droits de l'Homme "sur la justice et l'éthique", et "sur ses obligations de protéger les droits des plus faibles", a ajouté ce proche collaborateur du chef de l'Eglise catholique.

Benoît XVI accorde aux questions éthiques une place prioritaire dans son message, moins féru de diplomatie internationale que Jean Paul II.

Benoit XVI critique le "relativisme" de l'ONU
Mais dans l'enceinte des Nations Unies, on peut s'attendre à ce qu'il passe en revue les grands défis auquel est confronté l'humanité, des guerres et tensions qui mettent en péril la sécurité mondiale au réchauffement de la planète ou à l'accroissement des inégalités, avance un diplomate.

Benoît XVI s'est récemment montré sévère envers l'ONU, accusée de pratiquer une "logique relativiste" conduisant à privilégier le consensus sur la vérité. Mais il défend son existence, attaché au multilatéralisme qu'il considère comme une condition indispensable à l'équilibre du monde.

En fin d'après-midi à l'"East Park synagogue", le pape rencontrera le rabbin Arthur Scheiner, très engagé dans le dialogue interreligieux.

Une visite novatrice
Jeudi, dans un geste sans précédent, Benoît XVI a rencontré à Washington un petit groupe de personnes abusées sexuellement par des membres du clergé, un scandale qu'il avait déjà évoqué le matin lors de sa grande messe devant 48000 personnes.

La rencontre, qui a duré entre 20 et 25 minutes, a eu lieu dans la chapelle de la nonciature apostolique, où réside le pape pendant son séjour dans la capitale fédérale. Le groupe a prié avec le pape "qui a ensuite écouté leurs récits personnels et leur a offert des paroles d'encouragement et d'espoir", a indiqué le Vatican.

L'église catholique américaine a été secouée par ce scandale depuis l'aveu en 2002 de l'archevêque de Boston de l'époque, le cardinal Bernard Law, qui avait admis avoir protégé un prêtre ayant agressé sexuellement de jeunes catholiques, déclenchant une série de révélations embarrassantes et un afflux de plaintes.