En Chine, Google est devenu inaccessible, ainsi que la quasi-totalité de ses services, tels que Google image ou Google traduction. Comme chaque année, à l'approche de la date fatidique, la censure chinoise tente d'effacer toute référence au 4 juin 1989, où l'armée mit fin dans un bain de sang au mouvement démocratique de la place Tiananmen à Pékin. Et pourtant... Des milliers d'internautes chinois parviennent à contourner le dispositif de censure.

Les réseaux sociaux, certes très surveillés, restent le moyen favori des Chinois pour commémorer le 4 juin 1989. Ils ont longtemps fait référence au "35 mai" pour pouvoir parler du 4 juin sur Internet. Toutefois, le "nom de code" a été censuré depuis peu, victime de son succès.

Exit les "gros canards jaunes"!

Sur Weibo, le Twitter chinois, plusieurs dizaines de mots associés aux évènements, de "tiananmen" à "4 juin 1989 " et à "ce jour" ne peuvent être recherchés. Pour autant, de nombreuses parodies du "tank man", ce jeune homme seul faisant face à quatre chars pour les empêcher de pénétrer sur la place Tiananmen, sont postées à chaque anniversaire du massacre. L'an dernier, un photomontage dans lequel des canards en plastique géants remplaçaient les chars, a connu un succès énorme, provoquant la censure des mots " gros canards jaunes". Avec un courage certain, la société Internet chinoise NetEase a, quant à elle, publié une photo reconstituant la fameuse scène à l'aide de figurines Lego, comme l'a repéré BuzzFeed. Tous les moyens du Web sont employés pour faire passer le message.

Une autre technique joue sur l'ironie. Elle échappe à la censure car elle consiste à reprendre une phrase tirée d'un discours du Premier ministre chinois Li Keqiang faisant référence au Japon, pour la retourner contre le gouvernement chinois: " Les Etats qui n'ont pas une vision juste de l'Histoire ne peuvent pas créer d'avenir ".

Un souvenir qui reste fragile

Malgré toutes les ruses développées par les internautes, les efforts mis en oeuvre par les autorités chinoises depuis un quart de siècle semblent porter leurs fruits. Selon une enquête menée dans quatre universités de Pékin, seuls 15 élèves sur 100 reconnaissent l'image iconique du "tank man".