Attention, Etat capital! L'Ohio constitue une prise de choix pour Barack Obama ou Mitt Romney afin de conquérir la Maison-Blanche ou d'y rester quatre années supplémentaires. Il pourrait même être le "faiseur de roi" de l'élection présidentielle, cru 2012.
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Les deux candidats devraient y multiplier les visites dans les deux semaines qui restent avant le jour J. "Nous y serons beaucoup", glisse sans surprise un stratège lié au candidat républicain à Politico. Le président sortant démocrate, lui, y est retourné dès le lendemain du troisième débat, ce mardi.
Au total, Slate pointe que "le tandem Obama-Biden est passé dans l'Ohio 11 fois ces trente derniers jours (plus trois visites pour Michelle Obama seule), contre 21 fois pour Romney-Ryan, d'après cette carte du Washington Post qui traque les déplacements de campagne".
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C'est déjà dans cet Etat marqué par la crise du secteur automobile, qu'ils avaient déjàlutté par discours interposés, mi-juin, quand ils étaient venus parler économie aux habitants. Et quand Barack Obama et Mitt Romney ne sont pas là en personne, leurs équipes de campagne peuvent toujours bombarder les électeurs-téléspectateurs de spots politiques.
Un exemple côté démocrate:
Un exemple côté républicain:
Pourquoi l'Ohio compte-t-il?
A vrai dire, l'Ohio compte toujours et sert de baromètre de la politique américaine: il vote comme les Etats-Unis au niveau national. Certes, il n'est pas l'Etat le plus important de toutes les élections américaines de l'histoire du pays, mais "cette année, tous les clichés à propos de cet Etat se vérifient", estime le New York Times. "Dans la plupart de nos simulations récentes, l'Ohio a fourni le vote décisif au sein du Collège électoral, dans 50% des cas", ajoute le quotidien américain.
Un argument numérique joue aussi pour l'Ohio. Chaque Etat envoie un nombre variable de grands électeurs dans ce Collège électoral qui élira ensuite le président et le vice-président des Etats-Unis. Le Buckeye State, puisque chaque Etat a un surnom, pèse lourd: 18 grands électeurs sur un total de 538. De quoi susciter les convoitises.
En outre, l'Ohio n'est guère fidèle. Tantôt démocrate (1976, 1992, 1996, 2008), tantôt républicain (1972, 1980, 1984, 1988, 2000, 2004), il est le "swing-state" par excellence, dans la balance. Il y a quatre ans, il avait voté pour Barack Obama... après avoir été l'Etat-clé de la réélection de George W. Bush en 2004.
L'électorat ouvrier plutôt démocrate pourrait sanctionner l'administration, alors que le taux de chômage y est assez élevé (8,6% en janvier 2012). L'électorat rural, lui, est tenté par les conservateurs... Cèderont-ils au candidat républicain qui glissait, l'air de rien, lors du troisième débat qu'il "aimait Detroit"? Pour mieux contrebalancer son ancien "Laissons Detroit faire faillite... Ou le président sortant saura-t-il conserver cet Etat qui concentre tous les ingrédients pour devenir explosif en 2012?
Un souci avec les machines à voter?
Ajoutez à cela une dose de polémique. L'Ohio est l'un des Etats qui utilise un système de vote décrié ces dernières semaines... parce qu'il est fourni par une entreprise liée indirectement à Mitt Romney.
"Romney et sa famille ont investi dans un fonds (HIG Capital) détenant une entreprise de machines à voter (Hart Intercivic) dont les dirigeants ont eux-même très largement contribué au financement de la campagne de Romney", rapporte Slate qui a repéré un article de Forbes sur cette polémique en puissance.
"Je ne veux pas parler de complot ou suggérer que quiconque ici a pu tricher, tout particulièrement le candidat républicain à la présidence. Mais comment est-il possible que tellement de gens aient pu exercer un si mauvais jugement?", conclut le journaliste de Forbes. Un potentiel "oups" qui pourrait notamment faire de l'Ohio en 2012 l'équivalent de la Floride en 2000. Un encombrant imbroglio. A surveiller, comté par compté, comme le propose Talking Points Memo aux political junkies.
