La taille peut parfois compter. Surtout quand elle devient un enjeu politique. La cérémonie d'investiture de Donald Trump a moins rassemblé moins de monde à Washington que celle d'Obama en 2009. Les photos sont là pour l'attester.

Vexé que les médias américains aient tous relayé cette information, Sean Spicer, le nouveau porte-parole de la Maison Blanche, s'en est pris aux journalistes présents en salle de presse samedi, pour son premier point presse. Une incroyable allocution de cinq minutes, où il a violemment reproché aux médias leur "malhonnêteté", et est reparti, sans prendre de question.

Chiffres faux et bâches fantaisistes

"This was the largest audience to ever witness an inauguration, period" ("Jamais il n'y a eu autant de monde à une inauguration qu'à celle-ci, point final."), a-t-il ainsi expliqué. Pour étayer ses propos, il a expliqué que l'herbe du National Mall était recouverte de bâches en plastique, et que ces dernières ont donné l'illusion qu'il y avait moins de monde.

Spicer s'est également "appuyé" sur les chiffres du métro de la capitale, expliquant que 420 000 personnes avaient pris le métro ce jour-là. Malheureusement, 48 heures auparavant, le métro de Washington avait publié sur Twitter les comparatifs des trajets lors des différentes inaugurations. Et il se trouve qu'en 2009, pour l'inauguration d'Obama, 513 000 personnes avaient pris le métro. A seulement 11 heures du matin.

"Des faits alternatifs"

L'attitude de Spicer a été critiquée par tous les médias américains. La chaîne d'informations en continu CNN avait d'ailleurs décidé de ne pas retransmettre en direct son intervention. Invitée de Chuck Todd sur la chaîne NBC ce dimanche, Kellyanne Conway, ancienne directrice de campagne de Trump et actuelle conseillère du président, a eu du mal à justifier la sortie de Spicer la veille. Légèrement embarrassée, elle a expliqué que ce dernier avait donné des "faits alternatifs".