Les semaines se suivent et les départs s'accumulent à la Maison Blanche. Vendredi, c'est l'éminence grise du président Trump, le sulfureux Steve Bannon qui rendait sa carte après plusieurs jours d'une profonde polémique provoquée par l'ambiguïté du président républicain autour des violences racistes ayant secoué Charlottesville à la mi-août.
La Maison Blanche agitée par de profondes divisions
Proche de l'"alt-right", mouvance de l'extrême droite américaine, Steve Bannon, âgé de 63 ans, occupait le poste clé de conseiller stratégique au sein d'une Maison Blanche agitée par de profondes divisions. Il avait rejoint l'équipe de campagne de Donald Trump en août 2016, inspirant au candidat républicain de nombreux positionnements nationalistes et anti-establishment. Mais plutôt que de charger la barque de son ancien bras droit, Donald Trump a préféré saluer ce samedi matin le travail effectué par Bannon à ses côtés.
"Je veux remercier Steve Bannon pour ses services. Il a rejoint la campagne pendant ma candidature contre Hillary Clinton la crapule. Ca a été formidable! Merci S", a ainsi écrit Donald Trump sur Twitter.
Déjà quatre départs emblématiques
Discret mais très influent, Steve Bannon est le dernier domino à chuter dans la garde rapprochée du président. Avant lui, quatre personnalités, essentiellement en charge de la communication et de la stratégie, avaient déjà lâché le milliardaire.
- Anthony Scaramucci, le communiquant

Anthony Scaramucci ne sera resté que 10 jours à la Maison Blanche
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Anthony Scaramucci, alias "the Mooch", était arrivé à la Maison Blanche le 21 juillet pour en diriger la communication et colmater les fuites vers la presse, que Donald Trump ne supportait plus. Ironie du sort, c'est sa conversation quelques jours plus tard avec un journaliste du New Yorker, lors de laquelle il a tenu des propos insultants envers ses camarades de la Maison Blanche (notamment Steve Bannon), qui a précipité sa chute. Il a effectué le plus court séjour dans la Maison Blanche version Trump: 10 jours.
- Reince Priebus, le secrétaire général
Ancien président du parti républicain, le discret Reince Priebus avait hérité du rôle stratégique de "chief of staff", mais n'a jamais réussi à imposer l'ordre à la White House. Traité de "schizophrène paranoïaque" par Anthony Scaramucci (au New Yorker), il a quitté le navire le 31 juillet après 189 jours, face au manque de soutien du président.
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- Sean Spicer, le porte-parole

Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer (d) lors de la rencontre du président Donald TRump avec son homologue colombien Juan Manuel Santos à Washington, le 18 mai 2017
© / afp.com/Brendan Smialowski
Il avait probablement le travail le plus délicat de la Maison Blanche: sous-titrer pour la presse et le monde entier les propos du président Trump, parfois brouillon, souvent provocateur, toujours imprévisible.
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Dès le premier jour, la tâche est apparue complexe, lorsqu'il a dû défendre contre toute évidence l'ampleur de la foule venue assister à l'investiture du milliardaire. Il a quitté les arcanes du pouvoir après 182 jours le 21 juillet, poussé à la sortie par l'arrivée de "The Mooch".
- Michael Flynn, le conseiller
L'ex-conseiller à la sécurité nationale n'a tenu que 22 jours. Ancien chef du renseignement militaire américain très apprécié de Donald Trump, Mike Flynn a fait les frais, le 13 février, de l'affaire russe, dans laquelle son nom est cité et dont il est l'un des principaux protagonistes.
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