Le 30 juin 2021, après plus d'un an de procédures administratives, Aurélia et Eric arrivent enfin à Calgary, au pied des Rocheuses. Un "vieux rêve nord-américain" qui se réalise pour ce couple de quadragénaires originaires d'Occitanie, venus avec leurs deux garçons de 10 et 4 ans. "Nous travaillions en région parisienne et nous souhaitions quitter une forme de morosité en France qui tranchait avec l'état d'esprit que l'on percevait lors de nos vacances régulières aux Etats-Unis et au Canada", explique Aurélia, juriste de profession.

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C'est leur conseiller en immigration -­ pour lequel la jeune femme travaille désormais -­ qui leur a parlé de la métropole albertaine, "une ville ensoleillée, très américanisée et située à l'ouest du pays, avec un climat moins rude pendant l'hiver", selon les nouveaux arrivants. Eric, cadre dans l'automobile et parfaitement bilingue, doit néanmoins quasiment recommencer à zéro professionnellement. Après avoir occupé un emploi de vendeur automobile payé à la commission, il a rebondi en décrochant un poste de responsable d'un centre d'appels dans un établissement financier.

Une adaptation rapide pour les enfants

Les enfants, eux, n'ont pas éprouvé trop de difficultés à s'adapter. Le plus grand est inscrit dans un établissement qui suit le programme canadien en langue française. "Il est vraiment très simple de trouver une école sur place", indique Aurélia. Et surtout, les enseignants sont bienveillants et à l'écoute. L"environnement est également très valorisant pour l'enfant."

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Pour le deuxième, comme l'école n'est obligatoire au Canada qu'à partir de 5 ans révolus, Aurélia et Eric sont obligés de payer un programme de preschool plutôt onéreux - ­ près de 900 dollars* par mois. La bonne surprise est venue du système de santé. "Nous avons trouvé un médecin francophone et n'avons jamais eu à avancer les frais, excepté pour les soins dentaires ou les lunettes", relève Aurélia.

S'ils avaient pu louer une maison depuis la France, l'achat d'une voiture sur place s'est avéré bien plus compliqué. Au Canada, les prêts bancaires sont conditionnés par un score de crédit, déterminé par la gestion financière au quotidien du demandeur... Il est donc inexistant au début pour les nouveaux arrivants ! Conséquence : le couple a dû mobiliser les économies familiales.

Pour Aurélia, le bilan reste néanmoins positif. Certes, leurs salaires ne sont pas conformes à leurs objectifs, "mais les choses évoluent vite ici", affirme-t-elle. Certes, les vacances sont réduites à la portion congrue (deux semaines de congés payés après un an en poste). Pas de quoi la décourager pour autant. "Nous avons trouvé ici une vraie reconnaissance personnelle, un bien-être général dans la société. Et une qualité de vie incomparable."

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