Les bureaux de vote n'ont pas ouvert leurs portes dans l'Ohio mardi, où les primaires démocrates devaient avoir lieu. In extremis, le gouverneur de cet Etat industriel de la région des Grands Lacs a annulé, tard lundi 16 mars, l'organisation du scrutin prévu mardi 17.
A l'inverse, trois autres Etats, la Floride, l'Illinois et l'Arizona, maintiennent leurs élections qui, rappelons-le, opposent Joe Biden, Bernie Sanders et Tulsi Gabbard.
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La mesure prise par l'Ohio est la plus drastique prise par un Etat américain. D'autres, La Louisiane le Kentucky et la Géorgie, avaient déjà reporté leurs scrutins aux mois de mai et juin. Mais personne n'avait jusqu'ici annulé une primaire.
L'Ohio, 12 millions d'âmes, qui s'étend de Cincinnati au sud à Cleveland au nord, en passant par Columbus (la capitale, au centre), est l'un des Etats potentiellement les plus touchés par le Covid-19. Le ministère de la Santé local a confirmé 50 cas et 14 hospitalisations. Mais certains prévoient déjà plus de 100 000 personnes touchées prochainement.
Un juge conteste la décision du gouverneur
"En ces temps où nous affrontons une crise de santé publique inédite, a expliqué le gouverneur Mike DeWine (Parti républicain), l'organisation du scrutin ferait courir un risque inacceptable pour la santé des 350 000 Américains mobilisés dans les bureaux de vote, ainsi qu'aux électeurs."
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Plus tôt dans la journée de lundi, un juge du tribunal de première instance de Colombus avait pourtant contesté la décision à venir. "Modifier les règles et la date du scrutin douze heures seulement avant le démarrage du vote constitue un dangereux précédent pour la démocratie", a asséné hier le juge Richard Frye, qui a donc ordonné le maintien du scrutin. Du moins théoriquement.
Pragmatique, le gouverneur a au contraire décidé par décret, et après consultation des dirigeants des deux partis (démocrate et républicain), de passer outre le jugement du magistrat, arguant qu'un Etat "ne peut pas exiger de ses électeurs qu'ils choisissent entre leur santé et leur devoir démocratique". "Il n'est tout simplement pas possible de demander aux habitants de l'Ohio de voter pour un scrutin qui sera considéré comme illégitime", a-t-il précisé. Les bureaux de votes sont donc restés fermés mardi matin.
L'annulation de scrutin, une décision exceptionnelle
En théorie, le gouverneur de l'Ohio n'a pas le pouvoir constitutionnel de reporter une élection. Mais, outre que sa décision exceptionnelle sera entérinée par le congrès de l'Ohio, il ne s'agit pas d'une annulation pure et simple. Le "vote anticipé", qui permet d'étaler le scrutin en votant par correspondance ou dans certains lieux publics, était déjà en cours depuis le 19 février. Il sera prolongé, selon des modalités encore indéterminées.
Selon les sondages publiés par le site RealClear Politics, le candidat Joe Biden devance Bernie Sanders d'au moins 20 points dans l'Etat, où 136 délégués (les grands électeurs qui voteront à la convention démocrate, en juillet, pour désigner l'adversaire de Donald Trump) sont en jeu.
Les sondages indiquent également que l'ancien vice-président d'Obama devrait écraser le sénateur du Vermont dans les trois autres Etats s'exprimant mardi : la Floride (219 délégués), l'Illinois (155) et l'Arizona (67). Après quoi, l'avance de Biden sera, plus encore qu'aujourd'hui, insurmontable pour Bernie Sanders.
