Les droits humains des manifestants chiliens sont victimes de "graves violations". C'est le constat que dresse, ce lundi, l'Institut national de droits humains (INDH), un organisme indépendant, à la suite d'autres rapports allant dans le même sens.

"Les droits à la vie et à l'intégrité physique et psychique ont subi de graves violations", écrit l'organisme qui s'est penché sur les manifestations qui ont récemment secoué le Chili. "Il y a répétition de comportements tels que l'utilisation aveugle d'armes à feu, le déshabillage dans les unités de police, la torture et d'autres traitements cruels, inhumains ou dégradants et le recours aveugle à la force contre des manifestants pacifiques", détaille-t-il.

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26 victimes dans les manifestations

Des faits accablants qui, selon l'INDH, s'expliqueraient par "l'autonomie indue" dont jouirait la police depuis le retour de la démocratie dans ce pays sud-américain.

Depuis le début du mouvement de protestation, le 18 octobre au Chili, 26 personnes sont décédées à la suite de manifestations massives, d'affrontements avec la police, de pillages et d'attaques contre des commerces et d'autres secteurs d'activité, selon un chiffre du parquet national. L'INDH souligne aussi que "le nombre le plus élevé de décès et la proportion de lésions oculaires et autres blessures" s'est produit pendant la période de l'état d'urgence, qui a duré neuf jours après le début du mouvement social.

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Une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale a été le détonateur de cette fronde sociale inédite contre le gouvernement du président Sebastián Piñera. Malgré la suspension de la mesure, le mouvement s'est amplifié, nourri par le ressentiment face aux inégalités sociales.

476 plaintes pour torture

Le texte de l'INDH se trouve dans le droit fil des rapports publiés par d'autres organisations de défense des droits humains comme Amnesty International, le Haut-commissariat aux droits humains de l'ONU ou encore Human Rights Watch.

Au 30 novembre, l'INDH avait déclaré avoir déposé 476 plaintes pour torture, traitements cruels, inhumains ou dégradants, en faveur de 586 victimes, qui désignent des agents de l'Etat comme leurs auteurs. Dans le détail, 433 plaintes visent des policiers, 33 des membres des forces armées et 10 des membres de la police d'investigation. La police, de son côté, a reconnu des "erreurs" dans le contrôle des manifestations publiques et estimé avoir été victime de violences de la part de manifestants.