Chez les peuples autochtones nordiques, les aurores boréales sont considérées comme des esprits portant des flambeaux pour guider les pas des nouveaux venus. Tout un symbole sur cette terre d'immigration que sont les Territoires du Nord-Ouest, rassemblant plus d'une centaine de nationalités et dont seule la moitié des 45 000 habitants est d'origine autochtone.
Les scientifiques, eux, avancent une explication plus rationnelle : ces phénomènes lumineux seraient le fruit de la collision entre des particules électriques nées d'éruptions solaires et les gaz de la haute atmosphère terrestre. Peu importe la thèse retenue, c'est dans cette région que leur observation est réputée la meilleure au monde. La situation géographique de Yellowknife, la capitale, à 512 km au sud du cercle arctique, lui donne un avantage sur les autres villes nordiques. Elle est en effet placée directement sous l'ovale auroral, une zone privilégiée. De plus, la région recevant très peu de précipitations, la voûte céleste y est très souvent dégagée, sans couvert nuageux. Et comme le climat est sec, le ciel est cristallin et les aurores apparaissent avec plus de netteté.
Un nouveau filon économique
Après la ruée vers l'or de 1939, puis, à la fin des années 1990, la fièvre du diamant (dont le Canada est le troisième producteur mondial), les aurores boréales constituent aujourd'hui le nouveau filon économique des Territoires du Nord-Ouest. Elles attirent des touristes du monde entier, principalement des pays asiatiques, qui s'émerveillent devant ce spectacle stupéfiant. En 2020, sur un total de 85 000 visiteurs (hors voyages d'affaires), 37 100 avaient pour objectif premier l'observation des lueurs boréales. Loin devant d'autres activités comme la pêche (5 300), la chasse (520) ou l'aventure en plein air (7 300). Avec des dépenses de près de 60 millions de dollars*, leur observation est ainsi devenue un véritable marché, que se disputent pas moins de 37 entreprises et une dizaine d'hébergements spécialisés situés en pleine nature. Une nouvelle industrie en quête perpétuelle de main d'oeuvre, annuelle ou saisonnière.
Indiscutablement, le tourisme est devenu un moteur économique majeur des Territoires du Nord-Ouest. Agissant comme locomotive, il stimule le transport, l'hébergement, les services alimentaires et le marché des arts et métiers d'art locaux. Seul problème : d'ici à 2030, de nombreux emplois devront être comblés pour remplacer les travailleurs retraités ou quittant la région. Un défi à relever mais aussi de multiples offres d'emploi à venir. De quoi donner de belles idées à des jeunes ou moins jeunes du monde entier en mal d'aventures nordiques.
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