L'Express :Quelles raisons vous ont poussé à vous installer au Canada ?
William Denaire : Après avoir travaillé pendant une quinzaine d'années pour Airbus en Europe, puis en Asie, j'éprouvais l'envie de découvrir un troisième continent et une nouvelle culture. Une opportunité professionnelle s'est présentée à Montréal, où je me suis installé, en couple, le 28 février 2021.
Comment s'est passée votre installation ?
Nous sommes arrivés au début de l'instauration de la quarantaine pour les voyageurs venant de l'étranger, en raison du Covid. Disons que les premiers jours, passés isolés dans une chambre d'hôtel de la zone aéroportuaire ne furent pas le meilleur contact avec le pays ! Cela étant, je dois reconnaître que l'acclimatation se fait rapidement pour un nouveau venu, surtout quand on est francophone. J'ai été très agréablement surpris par le sens de l'accueil des Québécois. On sent ici une volonté permanente d'aider. En revanche, bâtir des relations amicales plus profondes prend plus de temps qu'en France.
Avez-vous perçu des différences culturelles majeures au travail ?
L'organisation est moins pyramidale. Il est plus facile d'échanger avec n'importe quelle personne de l'entreprise, et les rapports avec les managers sont moins hiérarchiques. De même, la gestion des conflits est vraiment différente. En France, cela passe souvent par des escalades. Ici, on laisse la place à la négociation et on essaie de trouver des compromis.
Quelles sont les possibilités d'emplois sur place ?
Comme l'ensemble du Canada, le Québec est confronté à une grande pénurie de main-d'oeuvre. Le marché de l'emploi y est donc très dynamique et, clairement, il n'est pas favorable aux employeurs qui doivent se démarquer en offrant des conditions de travail enviables afin d'attirer des talents. Cela est encore plus vrai dans notre secteur. Montréal est en effet la troisième place aéronautique dans le monde, après Toulouse et Seattle. Il y a donc une concurrence locale forte pour recruter, surtout quand il s'agit des profils d'avenir comme les spécialistes en hydrogène, en numérique, en cybersécurité, en décarbonation...
Quelles sont vos projections de recrutements chez Airbus Canada ?
Nous allons créer plus de 500 emplois au cours des prochaines années, dont 200 pour le site de Mirabel, près de Montréal, où nous concevons notre modèle A220. Nous recherchons notamment des talents en ingénierie et en ressources humaines. Il faut savoir que 30 % des candidatures que nous recevons viennent d'Europe, dont beaucoup de France. D'ailleurs, nous accompagnons nos nouveaux salariés internationaux en prenant notamment en charge le déménagement, le vol d'arrivée et le soutien à l'immigration.
