Les ressortissants américains sont enjoints à "partir aussi rapidement que possible" du Burundi. Les Etats-Unis ont demandé dimancheaux personnels américains non indispensables et à leurs familles de quitter le pays plongé dans une profonde crise politique dans un communiqué du département d'Etat. Ce dernier a par ailleurs recommandé à tous les Américains "de ne pas se rendre au Burundi". L'ambassade des Etats-Unis ne peut offrir "que des services d'urgence très limités à ses citoyens", avertit le texte.
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Près de 90 personnes tuées vendredi
Près de 90 personnes ont été tuées vendredi pendant et après des attaques coordonnées contre trois camps militaires au Burundi, selon un bilan de l'armée faisant état du décès de 79 "ennemis" et de 8 soldats et policiers. Samedi matin, des habitants de la capitale Bujumbura avaient découvert au moins une quarantaine de corps dans les rues de quartiers réputés pour leur opposition au président Pierre Nkurunziza.
Certaines victimes avaient les bras liés derrière le dos, d'autres avaient été tuées à bout portant, selon des témoins. Habitués à des violences quasi quotidiennes, les habitants ont cependant gardé le calme dimanche, et la vie à repris normalement dans la capitale.
Une "rafle" de plus de 200 jeunes
L'organisation américaine Human Rights Watch (HRW) a exigé dimanche une enquête "sérieuse et indépendante". HRW dénonce le fait que la police et les autorités locales aient "enlevé les cadavres avant que des enquêtes puissent être menées".
Dans plusieurs quartiers, les habitants ont accusé les forces de l'ordre d'avoir arrêté tous les jeunes qu'ils rencontraient et de les avoir exécutés délibérément, plusieurs heures après les attaques des camps. Des témoins ont dénoncé un bilan sous-estimé et une "rafle" de plus de 200 jeunes. Les affrontements de vendredi sont les plus sanglants depuis un coup d'Etat manqué en mai contre la candidature controversée du président Nkurunziza qui a finalement obtenu un troisième mandat en juillet.
En novembre, l'Union européenne avait déjà décidé d'évacuer les familles et des personnels non essentiels de sa délégation au Burundi et la Belgique avait "conseillé" à ses ressortissants de partir. Depuis le début des troubles, des centaines de personnes ont été tuées et plus de 200 000 personnes ont quitté le pays, selon l'ONU.
