Les troubles continuent au Burundi. Zedi Feruzi, le président de l'Union pour la paix et la démocratie (UPD), a été assassiné ce samedi soir par des inconnus à Bujumbura, alors qu'il rentrait chez lui dans le quartier de Ngagara. Peu après l'incident, son corps ensanglanté et celui d'un policier garde du corps gisaient devant son domicile, selon un journaliste de l'AFP. Les assaillants, qui circulaient en voiture, ont pu prendre la fuite.
Zedi Feruzi a reçu plusieurs balles, dont une dans la tête. Il circulait apparemment à pied quand il a été attaqué, a expliqué un voisin, qui a n'a pas assisté à la scène mais était à proximité au moment de l'incident. Une troisième personne a été grièvement blessée, apparemment un autre policier chargé de la protection de Zedi Feruzi, selon les proches de la victime sur place.
Des tenues de la police présidentielle
Selon un journaliste burundais, qui était en train de discuter avec la victime et a été blessé dans l'attaque, les tueurs portaient "des tenues policières de la garde présidentielle". Il a dit désormais se cacher par peur lui aussi "d'être tué". La présidence a démenti ses accusations. Elle s'est dit "choquée", et a "demandé que la lumière soit faite de façon urgente afin que les coupables soient traduits devant la justice"
Ce meurtre intervient au terme d'une nouvelle semaine de manifestations et d'une alarmante escalade de la violence. Vendredi soir, trois personnes ont été tuées lors d'une attaque à la grenade. Si ses auteurs ont pu prendre la fuite, la police assure qu'ils seraient liés aux manifestants, ce qu'a démenti un leader du mouvement d'opposition. Depuis samedi, Bujumbura connaissait une trêve décrétée par les leaders du mouvement anti-troisième mandat. Ceux-ci ont entamé un "dialogue" avec le gouvernement.
Des milliers de personnes à un meeting du président
A l'occasion de ce "nouveau dialogue entre les différentes parties engagé depuis quelques jours", les leaders de la contestation ont demandé "au gouvernement de montrer sa bonne foi en s'abstenant de tirer sur les manifestants". Ces très discrètes négociations se déroulent sous l'égide de l'envoyé spécial de l'ONU Saïd Djinnit, de représentants de l'Union africaine (UA) et des pays de la région.
Mais à la suite de cet assassinat, les leaders du mouvement de la contestation contre un troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza ont annoncé ce dimanche "suspendre" le dialogue initié avec le gouvernement, condamnant un "acte ignoble".