Les recherches se poursuivent pour retrouver les deux Français disparus au Bénin le 1er mai. Ce mardi, Franceinfo révèle leur identité et assure que leurs proches ont bien authentifié ces informations. Il s'agirait alors de Patrick Pique et Laurent Lassimouillas.

Selon Ouest-France, l'un des deux touristes français disparus serait originaire de la Manche et vivrait en région parisienne. Si le site d'information ne précise pas son nom, il avance qu'il serait âgé d'une quarantaine d'années.

Les deux hommes étaient partis faire du tourisme dans le nord du pays d'Afrique de l'ouest, dans le parc de Pendjari. C'est l'un des derniers sanctuaires de la vie sauvage, et il s'étend sur près de 5 000 km le long de la frontière burkinabé. Dans le parc national, le corps de leur guide, Fiacre Gbédji, a été retrouvé criblé de balles samedi matin. Leur véhicule a été retrouvé, lui, de l'autre côté de la frontière.

Le corps du guide retrouvé criblé de balles

Si personne ne parle officiellement d'enlèvement et qu'il n'y a eu aucune revendication, plusieurs éléments semblent corroborer cette hypothèse dans cette région où opèrent de nombreux groupes armés et djihadistes.

Parmi les groupes armés opérant dans l'est du Burkina "le plus actif à l'heure actuelle dans cette région serait l'État islamique dans le Grand Sahara (EIGS)", explique Rinaldo Depagne, directeur pour l'Afrique de l'Ouest à l'International Crisis Group (ICG).

Une région tombée aux mains des djihadistes

L'armée burkinabée a d'ailleurs lancé début mars une opération baptisée "Otapuanu" ("pluie de feu") visant à "restaurer l'autorité de l'État" dans cette région tombée aux mains des djihadistes où des milliers d'écoles ont fermées. Une centaine de "terroristes" ont ainsi été interpellés et sept soldats ont été tués en un mois, selon l'armée.

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Si l'hypothèse d'un enlèvement se confirmait, on ne peut pas non plus exclure qu'il soit le fait d'un "sous-groupe, voire de bandits opportunistes qui pourraient vouloir revendre les otages à une organisation plus importante, sachant leur valeur marchande", ajoute Rinaldo Depagne.

Au Burkina, 90 % des attaques ne sont pas revendiquées. La plupart ont été attribuées à l'EIGS, à Ansaroul Islam ou au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), mais une dizaine d'autres groupes, plus petits et sans doute moins structurés opèrent également.