Longtemps perçu comme favorisant la production de masse, Internet permet au contraire depuis quelques années d'avoir accès à une production unique et décentralisée.
La dernière révolution industrielle donnaient la prime à la taille: plus vous pouviez investir, plus vous pouviez concentrer votre production, plus vous réalisiez des économies d'échelle plus vous pouviez investir (et ainsi de suite). Ce phénomène a naturellement débouché sur l'émergence de la production et de la consommation de masse. Internet a, dans un premier temps, semblé accélérer ce phénomène en facilitant encore plus la concentration des informations, des pouvoirs et des ressources.
Pourtant, la dernière vague des innovations Internet facilite au contraire l'émergence d'une production décentralisée. En connectant les individus entre eux, Internet permet en effet l'émergence de réseaux puissants qui remettent en cause les grands acteurs traditionnels. Toutes les industries sont touchées: Blablacar et son réseau de covoitureurs éparpillés partout en Europe prend des parts de marché à la SNCF; Airbnb et ses millions d'hôtes inquiète les plus grandes chaines hôtelières; AlittleMarket.com permet à des dizaines de milliers de créateurs et artisans français de distribuer leur production à un très large public inaccessible auparavant.
3 facteurs de remise en cause de la consommation de masse
Internet permet l'émergence de cette tendance qui remet en cause la consommation de masse pour 3 raisons principales. Internet rend l'unique moins cher: en permettant de passer outre les intermédiaires, les plateformes C2C facilitent l'accès direct aux petits producteurs tout en supprimant les coûts de distribution souvent rédhibitoires.
Internet rend l'unique plus accessible: le développement des paiements sécurisés entre individus permet aux producteurs de recevoir des paiements à grande échelle de la part de clients qu'ils ne connaissent pas.
Internet rend l'unique plus rassurant: en connectant les individus entre eux et avec leurs systèmes d'évaluations, des plateformes comme Blablacar, Airbnb ou AlittleMarket rassurent les consommateurs qui n'hésitent plus à prendre le risque de dépenser leur argent auprès d'autres individus qu'ils ne connaissent pas.
Notre économie industrielle, concentrée, standardisée née de la seconde révolution industrielle va-t-elle être remise en cause par la troisième révolution industrielle, celle de l'Internet et des réseaux? L'émergence, dans toutes les industries, et ce en quelques années, de réseaux permettant à des individus, à des petites entités de concurrencer les géants de la précédente révolution industrielle, permet de le penser.
