La course à l'organisation du Grand Prix de France de formule 1 s'accélère. En 2009, l'épreuve aura lieu, comme c'est le cas depuis 1991, sur le circuit de Nevers - Magny-Cours (Nièvre). Mais, l'année suivante, elle sera contrainte de déménager, sous la pression de Bernie Ecclestone, patron commercial de la F 1. Celui-ci a en effet posé une condition au maintien d'un Grand Prix en France : se rapprocher de Paris. Alors que tous les dossiers doivent être déposés avant le 30 septembre auprès de la Fédération française du sport automobile (FFSA), deux villes tiennent la corde : Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) et Sarcelles (Val-d'Oise).

La candidature de Marne-la-Vallée est entourée d'un certain secret. On sait simplement qu'elle serait portée par Disney et qu'elle aurait les préférences de Bernie Ecclestone et de l'ex-champion du monde de F 1 Alain Prost, mais aussi et surtout du Premier ministre, François Fillon, passionné de sport automobile. L'investissement, estimé à 50 millions d'euros, serait assuré par le groupe Lagardère. Des études de faisabilité ont été menées, sur les terrains que devait utiliser Disney pour un troisième parc de loisirs. Mais ce projet fait face à une vive opposition parmi les habitants, qui craignent les nuisances sonores et environnementales.

Sarcelles pourrait tirer parti de cette fronde. L'ambitieux « Pôle Val de France » prévoit un complexe comprenant le circuit, un centre de recherche sur les moteurs propres ou encore une salle omnisports de 20 000 places. Coût total : 700 millions d'euros. Pour François Pupponi, député maire de Sarcelles (PS), le gouvernement se trouve face à un choix politique : « Disney, c'est la solution de facilité : on continue à développer les mêmes territoires. A l'inverse, notre projet permet de se réapproprier des terrains du nord de Paris abandonnés par l'Etat et de montrer une volonté d'aménagement du territoire. »

La FFSA examinera les dossiers en octobre et sollicitera le soutien du gouvernement sur son choix. A la fin, c'est Bernie Ecclestone qui aura le dernier mot.