Le succès des MOOC, Massive Online Open Courses, est indéniable valant à l'année 2012 d'être qualifiée de "year of the MOOC" par le New-York Times. Les plateformes, privées ou publiques, françaises, européennes et internationales se multiplient presque tous les jours. En France, on dénombre déjà près d'une trentaine de cours MOOC opérationnels et plusieurs plateformes publiques/privées (France Université Numérique, Edunao, OpenClassrooms, etc.).
Combien ça coûte et pourquoi faire?
Faire un MOOC n'est pas gratuit: il faut compter en coût complet de 80 k¤ à 200 k¤, selon le format et le niveau de sophistication éditoriale, tandis que les revenus potentiels sont pour l'instant très faibles. Par ailleurs, une plateforme MOOC à l'instar de FUN demande un investissement de plusieurs M¤. Comment trouver un modèle économique pérenne dans un modèle de gratuité du MOOC?
Au-delà du gain de notoriété et d'exposition de l'établissement et de l'enseignant, les retours d'expérience récents montrent des potentiels de monétisation, par exemple avec des micropaiements pour les inscrits (de l'ordre de 1¤ à 5¤) permettant de réduire les taux d'attrition et donc d'augmenter les taux de transformation sur des services premium, et surtout, un mode de licensing des cours eux-mêmes pour le compte d'autres universités (pour intégration dans leur parcours, cf. le licensing de plusieurs cours MOOC EdX pour des universités en Chine), d'entreprises ou toute autre entité -demandes récentes en croissance, y compris en France.
Une perspective de transformation des universités en France?
Au-delà des MOOC, le numérique constitue un levier de transformation des universités (offre de formation, rénovation pédagogique, qualité du service à l'étudiant, lutte contre l'échec) et de création de valeur, par exemple, dans le champ de la formation tout au long de la vie.
Cette transformation nécessitera outre des investissements technologiques, un accompagnement fort et durable auprès des équipes d'enseignants pour adapter les ressources et les parcours pédagogiques avec le soutien d'équipes pluridisciplinaires (ingénierie pédagogique, soutien et support technique).
Enfin, un autre élément, plus contextuel, plaide en faveur de cet effort des universités. La récente réforme de la formation professionnelle, qui privilégie les formations qualifiantes et diplômantes, leur offre une opportunité accrue. Diplômantes par essence, elles ont plus que jamais leur carte à jouer sur ce marché de la formation professionnelle en pleine évolution. Il en va de leur équilibre économique, mais aussi de leur attractivité.
