"Beate Uhse, vous êtes condamnée à 6 000 marks d'amende pour vente et propagation d'objets luxurieux".

Il y a deux semaines, le tribunal de Flensburg (République fédérale allemande) permettait ainsi à une petite blonde de 48 ans, ancien pilote de la Luftwaffe, qui s'est juré, depuis, d'envoyer tous ses compatriotes au septième ciel, de faire encore parler d'elle.

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L'irrésistible ascension de Beate Uhse, commencée il y a vingt ans par l'achat d'un livre sur la régulation des naissances, poursuivie par la construction laborieuse et raisonnée d'une panoplie complète "d'hygiène sexuelle conjugale", se traduit aujourd'hui par neuf magasins, 300 employés, un chiffre d'affaires annuel de 20 Millions de Francs. 2 millions de clients à travers le monde et un slogan aussi fracassant qu'invérifiable : "Toutes les 6 secondes, quelqu'un s'adresse à Beate Uhse".

Pour des livres érotiques. Des nus plus ou moins artistiques. Et surtout pour les mille et un articles destinés à "échauffer l'ardeur sexuelle du conjoint". (...)

Cette Samaritaine du sexe affirme n'avoir qu'une préoccupation : le bonheur des autres. A en juger par l'expansion de sa maison de vente par correspondance, le bonheur, selon Beate, est une marchandise très recherchée. Elle restera, pour les amateurs français, clandestine : la P.D.G. du "bonheur du couple", s'est vu refuser l'autorisation de vendre librement ses produits dans l'Hexagone gaulois.

(L'Express, 17/3/1969)