Le vrai temps de travail des enseignants

Fabien Mysliwiec, Sierentz (Haut-Rhin)

Je souhaite réagir au sujet de l'article de Bernard Toulemonde au sujet du salaire des enseignants et de sa comparaison subjective avec l'Allemagne ("Pourquoi on ne peut pas comparer avec l'Allemagne", sur Lexpress.fr). Les affirmations concernant le temps de présence dans l'établissement témoignent d'une méconnaissance du métier ou d'une certaine mauvaise foi. S'ils ne sont pas réglementés en France, ces temps de travail sont systématiquement plus importants que les temps de service, et ce afin de remplir des obligations qui sont les mêmes que celles des enseignants d'outre-Rhin (je cite : "suivi des élèves, relations avec les parents, concertation entre collègues" et réunions multiples). L'enseignant français ne s'évapore pas de l'établissement dès la fin de ces cours, et son travail n'est pas terminé une fois la porte de l'établissement franchie.

Le patrimoine est aussi immatériel

Bruno Lonchampt, Dole (Jura)

Il est des pays où le patrimoine n'est pas figé : si un donateur veut y réaliser une autre fresque, il recouvre la précédente et gagne des mérites grâce à sa générosité. Or si un Occidental passe par là, il va dénoncer un sacrilège ("Stéphane Bern, l'influent lobbyiste du patrimoine", L'Express du 16 septembre). Ajoutons à cela que le patrimoine n'est pas que bâti mais revêt bien d'autres formes. Les patrimoines immatériels sont plus intéressants car ils touchent une dimension plus sensible et évoluent davantage dans la sphère du vivant. S'y investir nécessite une démarche désintéressée et généreuse, mobilise notre curiosité, notre sens de la découverte, notre capacité à faire vivre et non à reproduire.

Coup de Jarnac à Sidney

Hervé Moulinier, Locmaria-Plouzané (Finistère)

Si on ne peut qu'être d'accord avec la conclusion de l'article de Frédéric Filloux ("L'affaire des sous-marins australiens, une humiliation exemplaire", sur Lexpress.fr) pour une nécessaire introspection de tout échec, la démonstration est loin d'être convaincante. Rappelons que Thales, fournisseur du sonar de flanc, est le premier industriel de défense australien et s'est montré jusqu'ici particulièrement bon citoyen local : il modernisait déjà la génération en service. Quant à la possibilité de rejoindre l'accord Five Eyes ou même Aukus, est-ce rétrospectivement souhaitable vis-à-vis d'alliés si peu fiables ? Ce sont bien des considérations de politique intérieure américaine (déroute afghane, parapluie antichinois et défense de son industrie) qui ont, au terme d'un patient travail, conduit à ce coup de Jarnac.

Une cathédrale nommée Iter ?

Bernadette Parmentier, Ochey (Meurthe et Moselle)

A propos d'Iter, il est indiqué que "la construction prendra le temps de celle d'une cathédrale, à savoir plus longtemps que la vie de ceux qui l'ont conçue" ("Iter : un peu plus près des étoiles", L'Express du 19 août). La formule me paraît abusive s'agissant d'un projet qui a débuté au début des années 2000 et qui doit être terminé en 2035.

La réponse de L'Express

Le projet Iter a été présenté au président Mitterrand par son homologue russe Gorbatchev en 1985, mais en réalité, l'idée de reproduire l'énergie d'une étoile a été conceptualisée dans les années 1930. La collaboration entre physiciens du monde entier pour créer un réacteur à fusion nucléaire remonte, elle, à 1955, à l'initiative des savants russes. Ceux-ci avaient déjà à cette époque un certain âge, si bien que, dans les faits, Iter sera en effet achevé bien après la mort de ceux qui l'ont conçu.

"Réussir ensemble"

La nouvelle signature de L'Express, présentée à la presse le 23 septembre, résume l'ambition de modernisation du magazine. Alain Weill, son propriétaire depuis 2019, a rappelé la transformation complète de l'entreprise en moins de deux ans, avec un retour à l'équilibre financier prévu en 2022. Il a également affiché l'objectif de doubler le nombre d'abonnés d'ici à 2023, date du 70e anniversaire du magazine créé par Jean-Jacques Servan-Schreiber. Pour y parvenir, Alain Weill compte s'appuyer sur une rédaction très largement renouvelée depuis deux ans, la mise en place d'une équipe numérique représentant un tiers des effectifs, afin de faire de L'Express une vraie marque multimédia : magazine papier et digital, podcast, vidéo (MasterClass, documentaires...), événements.