Ne cherchez pas, c'est la faute de l'anticyclone. Depuis la semaine dernière, plusieurs régions de France sont touchées par un épisode de pollution aux particules fines. En Île-de-France, dans le Rhône, ou encore dans le Nord, la vitesse maximale sur les routes a été abaissée. Et, à Paris, la maire Anne Hidalgo tempête contre la préfecture qui a, selon elle, tardé à appliquer la circulation différenciée. Une dégradation de la qualité de l'air qui n'est pas sans lien avec les températures printanières qui réchauffent les Français en ce mois de février.
L'association Airparif, qui mesure la qualité de l'air en Île-de-France, expliquait pourquoi la semaine dernière. Jeudi, elle avait prévenu d'un "risque de dépassement du seuil d'information en particules PM10", les fameuses particules fines, pour le jour-même et vendredi. "Depuis lundi 11 février, des conditions météorologiques anticycloniques se sont installées en Île-de-France avec des températures très froides le matin et douces l'après-midi, du fait d'un ensoleillement important", expliquait l'association.
"Cette situation entraîne un phénomène 'd'inversions de température' le matin et le soir", un phénomène qui se produit "lorsque le sol refroidit rapidement pendant la nuit alors que l'air en altitude se retrouve plus chaud créant une sorte de couvercle au-dessus de nos têtes favorisant l'accumulation de la pollution". Conséquence : "la bonne dispersion des polluants émis par les sources locales (trafic et chauffage résidentiel)" ne peut pas se faire. Et c'est ainsi que l'air que l'on respire se charge de particules.
Les seuils d'alerte pas dépassés en Île-de-France
En conséquence, la préfecture de police de Paris a confirmé le maintien pour ce mardi des restrictions de circulation. Les automobilistes doivent rouler 20 km/h moins vite sur les voies limitées à 90, 110 et 130 km/h. La préfecture précise que 4 433 véhicules ont fait l'objet d'une verbalisation depuis le 21 février pour n'avoir pas respecté ces directives. Ce mardi, en fin de matinée, la préfecture a annoncé la mise en place de la circulation différenciée à partir de mercredi. Une décision qui répond aux appels de la maire de Paris Anne Hidalgo, qui a demandé la semaine dernière des "restrictions automatiques" en cas de pic de pollution. La préfecture répondait jusqu'à aujourd'hui que ni le seuil d'information et de recommandation, ni le seuil d'alerte relatifs à la pollution aux particules fines n'avaient été atteints ce début de semaine, ce qui devrait être le cas mercredi pour le premier seuil.
La vitesse maximale est aussi abaissée ce mardi dans le Rhône, note Franceinfo. Il faudra rouler 20 km/h moins vite sur les axes à 90, 110 et 130 km/h, et 10 km/h moins vite sur les routes limitées à 80 km/h. La carte de l'observatoire Atmo Auvergne-Rhône-Alpes permet de voir que la qualité de l'air est "très mauvaise" dans le bassin lyonnais. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, poursuit Franceinfo, des restrictions de 20 km/h sont en place sur les voies limitées à 100 et 130 km/h en raison d'un risque de dépassement du seuil d'information et de recommandation.
Les véhicules les plus polluants seront également interdits de circulation dans la métropole lilloise mercredi, en raison d'un troisième jour de pollution aux particules fines. C'est la toute première fois que ces restrictions y sont appliquées.
