La conférence internationale sur le climat, COP25, se tiendra bien en Espagne début décembre, en lieu et place du Chili, qui y a renoncé en raison de la crise sociale qui secoue le pays, a annoncé l'ONU vendredi.

"Nous sommes heureux d'annoncer que le bureau de la COP a convenu que la COP25 aura lieu du 2 au 13 décembre à Madrid en Espagne", a tweeté Patricia Espinosa, la responsable climat de l'ONU.

Déjà annulée au Brésil

"C'est avec un profond sentiment de douleur, parce que c'est douloureux pour le Chili, que notre gouvernement a décidé de ne pas organiser le sommet de l'Apec ni celui de la COP 25", a déclaré le président chilien Sebastián Piñera. Le sommet de l'Apec devait avoir lieu à Santiago les 16 et 17 novembre et la COP 25 du 2 au 13 décembre.

L'ONU, plongée dans l'incertitude par ce retrait brutal, avait fait savoir mercredi qu'elle "étudiait les alternatives" pour accueillir la COP25, qui avait déjà changé d'organisateur fin 2018. Le Brésil avait renoncé à la suite de l'élection du président climatosceptique Jair Bolsonaro.

Un défi logistique

Jeudi, Sebastián Piñera avait annoncé que le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez lui avait "généreusement proposé d'organiser la COP25 à Madrid aux mêmes dates auxquelles cette conférence était programmée au Chili". Le gouvernement espagnol avait confirmé cette proposition, faite "vu le court délai disponible et l'importance de garantir que la COP25 se tienne normalement", et Patricia Espinosa lui avait apporté son soutien.

Car c'est bien le défi de réorganiser en quatre semaines les plans pour les quelque 25 000 délégués initialement attendus à Santiago qui va dominer les derniers préparatifs d'une conférence dont l'objectif affiché est de convaincre les Etats de rehausser leurs engagements en 2020 pour tenir les objectifs de l'accord de Paris, soit un réchauffement "nettement en dessous de deux degrés" par rapport à l'ère pré-industrielle et si possible 1,5 degré.

Outre les diplomates, les "Conférences des parties", nom officiel des COP, rassemblent des milliers de participants issus de la société civile -ONG, syndicats, partis, entreprises notamment- venus aiguillonner ou tenter d'influencer les négociateurs officiels.

Le cas Thunberg

Exemple iconique de cette participation, la jeune militante suédoise Greta Thunberg, initiatrice des grèves de jeunes pour le climat. Elle refuse de prendre l'avion, trop polluant, et avait traversé l'Atlantique en voilier pour participer début septembre à un sommet climat de l'ONU à New York avant de se rendre à Santiago pour la COP...

"Je vais avoir besoin d'un peu d'aide," a-t-elle lancé sur Twitter depuis les Etats-Unis. "Il s'avère que j'ai traversé la moitié du globe, dans le mauvais sens:) J'ai besoin de trouver un moyen pour traverser l'Atlantique en novembre... Si quelqu'un pouvait me trouver un moyen de transport, je serais extrêmement reconnaissante".

L'ONG internationale Action Aid a souligné que la relocalisation de la COP "présente de réels obstacles à la participation de pays du sud et de la société civile", évoquant notamment des questions de visas et de coûts. Ce qui pourrait selon elle modifier les équilibres politiques de la conférence "et avoir des conséquences réelles et durables pour les populations vulnérables".