Le 30 septembre dernier, la Fnac avait proposé de racheter son concurrent Darty. Bien qu'opérant principalement en France, le spécialiste de l'électroménager est coté à Londres, et son actionnariat est majoritairement anglo-saxon. Dès lors, c'est le droit britannique qui encadre cette opération.
Et en la matière, le temps commence à presser car les deux entreprises ont jusqu'à mercredi pour se mettre d'accord. Pour le moment, Darty n'a pas encore répondu à ces avances. Les règles boursières donnent à la Fnac jusqu'à mercredi 18h, pour soit s'engager à déposer une offre ferme de rachat - amicale en cas de recommandation positive du conseil d'administration de Darty, hostile en cas de rejet - soit renoncer à son projet. Dans ce dernier cas, elle n'aura plus le droit de refaire une offre sur Darty avant au moins six mois.
Cette date du 28 octobre sert également de facto de référence au conseil d'administration de Darty, qui doit se prononcer sur ce projet et recommander à ses actionnaires d'accepter ou de refuser la proposition de la Fnac. Ce rachat, s'il aboutissait, se ferait uniquement par échange de titres, et valoriserait Darty à "environ 533 millions de livres" (720 millions d'euros).
Trois scénarios sur la table
S'il l'approuve, les actionnaires devraient a priori suivre son avis, et le rachat aurait donc toutes les chances de se conclure. En cas de rejet par le "board" de Darty, la Fnac pourrait lancer une offre hostile, mais sans garantie que les actionnaires de sa cible l'acceptent. Enfin, troisième scénario: les deux groupes peuvent demander conjointement un délai de réflexion supplémentaire de six semaines.
Le suspense reste pour l'instant entier. Jusqu'à dimanche, les deux groupes avaient limité les commentaires. Mais cherchant à convaincre Darty du bien-fondé de sa proposition, la Fnac a toutefois enclenché la pédale d'accélérateur dimanche en mettant en avant les résultats d'une étude menée par un cabinet d'audit, chiffrant à 85 millions d'euros par an les synergies permises par le rapprochement des deux groupes.

Alexandre Bompard, le PDG de la Fnac
© / afp.com/Eric Piermont
Des gains pourraient notamment être obtenus sur les achats, avec des négociations communes auprès des fournisseurs, notamment les puissants Apple et Samsung, pour obtenir de meilleurs tarifs. L'"agitateur culturel" avait déjà cité la "très grande notoriété" des deux marques, leurs sites internet "performants" et le caractère "complémentaire" de leurs réseaux de magasins parmi les atouts d'une fusion. Autre argument en faveur de la transaction selon le groupe: elle est saluée par les marchés financiers qui ont fait grimper les titres de Darty et Fnac de respectivement 23% et 12% depuis son annonce.
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Qui posède quoi?
La Fnac s'est également prévalue dimanche de "l'engagement irrévocable" du fonds Knight Vinke, premier actionnaire du distributeur d'électroménager (14,35%), déjà officiellement partisan d'un rapprochement, ainsi que d'une "lettre d'intention de soutien" de la part de DNCA Finance, qui détient 9,3% du capital de Darty.
La Fnac, qui compte 184 magasins, dont 111 en France, a dégagé en 2014 un bénéfice net de 41 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 3,89 milliards (-0,3%). Au troisième trimestre, ses ventes se sont redressées, notamment en France (+0,6%). Le groupe compte 14.500 collaborateurs, à 61% en France.
Darty possède, lui, 222 magasins en France, et a renoué avec les bénéfices sur son exercice 2014/2015, avec 13,8 millions d'euros de résultat net pour un chiffre d'affaires de 3,51 milliards (+3,2%). Il emploie environ 12 600 personnes en France et à l'étranger.
