La nouvelle est tombée mercredi 5 juin : le Conseil supérieur de l'audiovisuel met en demeure BFMTV, la chaîne du groupe Altice - dont fait également partie L'Express - après la diffusion, le 1er juin de la finale de la Ligue des champions opposant Tottenham à Liverpool (0-2).

Le CSA estime que "la diffusion en direct de la totalité de ce match, qui ne peut être qualifié ni de programme d'information ni de rediffusion d'un événement d'anthologie du sport, constitue un manquement" à la convention de la chaîne, signée en 2005, censée se consacrer "à l'information, notamment à l'information économique et financière".

Une mise en demeure, cela veut dire quoi ? Comme l'explique le CSA sur son site, "toute sanction éventuelle est systématiquement précédée d'une mise en demeure", qui a valeur d'avertissement. Généralement, la mise en demeure est elle-même précédée d'une lettre de mise en garde ou de rappel ferme à la réglementation. Ce fut le cas pour BFMTV, qui avait déjà été alertée, au début du mois de mai, que la diffusion de Tottenham-Liverpool était "incompatible" avec sa convention.

Des sanctions envisagées

Si jamais BFMTV devait récidiver (le groupe Altice détient l'exclusivité des droits de la Ligue des champions), le CSA indique qu'"un rapporteur nommé par le vice-président du Conseil d'État (sera) informé par le directeur général. Le rapporteur décide si les faits portés à sa connaissance justifient l'ouverture d'une procédure de sanction." Si tel est le cas, une sanction est à envisager, selon la gravité du manquement établie : cela peut aller de la suspension de la diffusion d'un programme au retrait de l'autorisation d'émettre en passant par une sanction financière. À L'Express, BFMTV indique avoir saisi le Conseil d'État à la suite du courrier qui lui était adressé, afin de trancher sur le litige, le 28 mai dernier, soit avant la mise en demeure. "BFMTV a une interprétation différente de celle du CSA de la convention, et conteste la décision du CSA devant le Conseil d'État."

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C'était déjà ce qu'avait indiqué Alain Weill, PDG d'Altice France et président de NextRadioTV, auprès du Figaro. "Nous avons une différence d'appréciation sur notre convention, mais ce n'est pas un dossier avec des intérêts majeurs en cause. Il s'agit avant tout du plaisir du téléspectateur."

Le PDG avait voulu rassurer le CSA : "BFMTV ne prend pas un virage vers le sport ! C'est un événement exceptionnel. Il n'y aura pas d'autres matchs sur BFMTV dans les mois qui viennent. Nous diffusons d'autres événements importants qui ne sont pas de l'information traditionnelle - le feu d'artifice du 31 décembre, le carnaval de Nice, le départ des grandes courses à la voile...-, et la finale de la Ligue des champions relève de la même logique." Déjà, Alain Weill évoquait une décision du Conseil d'État. "On verra par la suite quelles sont les conséquences. S'il le faut, le Conseil d'État tranchera."