Suprise! Franceinfo: est déjà lancée, et ce depuis mercredi soir 18 heures sur le site de France Info. Pour ceux qui veulent la regarder sur le canal 27 de leur télévision, il faut attendre ce jeudi soir, 20 heures.
La nouvelle chaîne d'info en continu souhaite "décrypter l'actualité autrement, avec une nouvelle écriture, une nouvelle forme de mise en image, et des reportages plus pédagogiques."
Mais Franceinfo: est-elle si différente de ses concurrents iTélé, LCI et BFMTV? Voici ce qu'il faut retenir de cette nouvelle chaîne, après une heure de visionnage.
L'absence de
Les commentaires répétitifs passent à la trappe. Ce qui frappe dès le début sur franceinfo: ce sont les reportages sans aucune voix off. Ça change de tout ce que l'on peut voir et entendre actuellement à la télévision. Les bandeaux sont là pour aider le téléspectateur à comprendre de quel sujet il est question, s'il prend le reportage en cours de route.
Contrairement aux autres chaînes d'info, il est clairement impossible de regarder franceinfo: à la légère et de s'en servir comme fond sonore pour accomplir une tâche en parallèle.
La musique
A la place d'une voix off, de la musique. L'ambiance sonore, réalisée par Jean-Michel Jarre et baptisée "Hexagone", est agréable. Au début. Et puis, au bout de vingt minutes, elle commence à prendre le pas sur l'information.
Le téléspectateur est tenté de se focaliser sur les tambours -qui ressemblent d'ailleurs au générique de Ca se discute- plutôt que de lire les bandeaux.
Les jingles
En une heure, de 10h40 à 11h40, pas moins d'une dizaine de jingles ont été diffusés. Celui, très long, du JT, celui de la météo, et les nombreux autres pour rappeler aux téléspectateurs de "liker, tweeter, commenter, partager".

Il y a beaucoup de jingles sur franceinfo:
© / France Info
C'est sûr: plusieurs minutes d'info sont perdues avec ces transitions répétitives.
Le bandeau
Ce sera peut-être réglé d'ici ce jeudi soir. Ou pas. Le bandeau -que certains internautes jugent déjà trop petit- comprend souvent des fautes d'orthographe.
Durant le visionnage de L'Express, Bangladesh a, par exemple, été écrit "Bengladesh". L'orthographe des pays est un vrai problème sur franceinfo:
Le stagiaire d'iTélé ou de BFMTV a-t-il été débauché par la nouvelle chaîne?
Les journalistes
Ils sont debout ou assis nonchalamment sur des fauteuils. L'atmosphère semble décontractée alors que pourtant, ils doivent à tout prix éviter de "faire une Hanouna" en ne rendant pas l'antenne à l'heure.
Avec une programmation si bien huilée, certains sont un peu nerveux et ont du mal à décoller le nez de leurs fiches ou du prompteur.

Ce journaliste regarde un peu trop le prompteur.
© / France info
Les transitions
A chaque lancement de chaîne, il y a des bugs et pas mal de ratés. Les transitions de franceinfo: peuvent être laborieuses, avec des sujets coupés prématurément et des démarrages de plateau un peu compliqués. Rien d'insurmontable toutefois.
Les mini-sujets
L'interlude musical de Culturebox est très agréable à regarder et écouter. Les pastilles comme Datagueule, qui traite d'un sujet sous forme de datas, ou Chambre noire ,avec un invité plongé dans le noir, aussi.
Mais ces sujets "froids" au milieu d'une actualité plutôt chaude... c'est étonnant. Pas sûr que les téléspectateurs réguliers de BFMTV s'y fassent, mais cette particularité peut séduire les autres.
Le totem et l'écran
Dans un souci d'interactivité, les journalistes se reposent sur le live du site de France Info à l'aide du "totem": un écran tout en hauteur qui reprend les articles publiés par le site en temps réel et les commentaires des internautes. Là encore, c'est du jamais-vu sur une chaîne d'information en continu.

Voici le totem de France info.
© / france info
Le rôle du totem est encore un peu flou et parfois, la lecture des commentaires d'internautes peut donner un côté "café du commerce".
Un autre écran, tactile lui, permet aux journalistes de dessiner sur les cartes, afin de mieux situer l'actualité du jour.

Les journalistes font des dessins sur les écrans.
© / France info
C'est ludique, mais pour le moment, la plupart des journalistes ne savent pas encore très bien s'en servir.
Les choix éditoriaux expliqués
Avec l'intervention de France 24 (qui co-produit franceinfo;) sur la réélection d'Ali Bongo au Gabon et des émeutes qui en découlent, le téléspectateur a eu droit à une explication détaillée des choix éditoriaux de la chaîne.
Le rédacteur en chef de France 24 a exposé quel dispositif était mis en place par sa chaîne dans le pays, et comment l'information était recueillie par ses journalistes.
Passionnant quand on est du métier, mais les téléspectateurs seront-ils vraiment intéressés?
Et par rapport à la concurrence?
Pour les fidèles des autres chaînes d'information en continu, la différence est flagrante: sur franceinfo:, l'information semble traitée avec moins d'urgence. Avec l'omniprésence de la musique, l'ambiance est plus apaisée.
Quant au totem et à l'écran tactile, ils promettent une belle interactivité avec les téléspectateurs, où qu'ils se trouvent: que ce soit devant leur poste, sur leur ordinateur ou leur smartphone.
Reste à savoir si les téléspectateurs veulent vraiment d'une information avec "plus de sens", comme l'a annoncé franceinfo:.
