Sept ans plus tard, Daphné Bürki vit une sorte de désillusion. La journaliste, qui a coanimé l'émission du Grand Journal en 2012 avec Michel Denisot, a, cette saison-là, également collaboré avec Vincent Glad, nouveau venu à la télévision, qui présentait à l'époque une rubrique dédiée au web.
Au vu des révélations de Checknews, vendredi dernier, concernant l'existence d'une "ligue du LOL", créée par Vincent Glad et consacrée à la moquerie, ainsi qu'au harcèlement d'internautes, l'animatrice actuellement en poste chez France Télévisions, réfléchit à sa propre expérience.
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"Je me souviens, en 2012, après les directs du Grand Journal, je confiais à Vincent Glad que je me faisais harceler et menacer de mort sur Twitter. Je lui demandais quoi faire. Il me disait : 'Laisse, ne porte pas plainte, ça sert à rien. Se faire troller, c'est la règle.' Aujourd'hui, je comprends mieux pourquoi. J'aurais dû porter plainte", a-t-elle écrit dans un tweet diffusé .
Racisme, homophobie, antisémitisme
Car Vincent Glad et sa bande de copains s'y connaissent, en ce qu'ils appellent "trolling" (et qui porterait davantage la définition de harcèlement à en croire les témoignages qui déferlent depuis vendredi): en bande, ils ont passé plusieurs années à organiser des canulars téléphoniques, à fabriquer des montages photo pornographiques, faire des blagues homophobes et racistes, afin de déstabiliser leurs cibles.
Sur le site Slate, par exemple, la journaliste Léa Lejeune accuse nommément le journaliste Vincent Glad, ainsi que son confrère de Libération Alexandre Hervaud, d'avoir participé à son harcèlement. "Merci pour vos excuses messieurs, continuez à réfléchir, intégrez ces concepts, écrit-elle aujourd'hui. Mais aujourd'hui faisons en sorte que le secteur des médias ne porte plus cette toxicité en lui."
