Samedi 13 avril dès 9 heures, à la Cité des sciences et de l'industrie à Paris, plus de 300 femmes [360 sont pour le moment inscrites] sont attendues pour les premiers États généraux des femmes journalistes. Derrière ce nom un peu formel, la promesse de débats, de partages d'expériences, d'ateliers de réflexion, le tout visant à faire évoluer le sexisme dans les entreprises de presse.
C'est l'association féministe Prenons la Une, qui travaille à une "juste représentation des femmes dans les médias et l'égalité professionnelle dans les rédactions"; qui est à l'initiative de l'événement, accessible à toutes les journalistes, ainsi qu'aux étudiantes, pour 5 euros.
ENQUÊTE >> Harcèlement sexuel : à Franceinfo, la souffrance des précaires
Après les différents scandales sexistes ayant émergé depuis le début de l'année 2019 dans le milieu du journalisme, il faut dire que cela tombe plutôt bien. "C'est une idée que nous avions bien avant la "ligue du LOL", explique à L'Express Agathe Ranc, membre de Prenons la Une. Nous avons besoin de nous retrouver entre femmes journalistes afin de trouver des solutions concrètes pour améliorer la vie dans les rédactions."
Un cahier de doléances envoyé au ministère de la Culture
De 9 heures à 17 heures, toute la journée, une dizaine d'ateliers seront menés par des intervenantes proches des thématiques abordées par Prenons la Une. "Mais ce sera quand même assez horizontal. Ce ne seront pas des conférences où quelqu'un parle et tout le monde devra prendre des notes", rassure la journaliste. Comment être une femme pigiste ? Comment réussir à obtenir un meilleur salaire ? Comment gérer une grossesse ? Autant de questions auxquelles réfléchiront les participantes.
"La grossophobie, le harcèlement et le cyberharcèlement seront aussi bien évidemment abordés, poursuit Agathe Ranc. L'idée est d'être dans un espace de discussion sûr, et surtout de trouver des solutions. Concrètement : comment allons-nous agir ?" Si les ateliers seront strictement réservés aux femmes, l'Assemblée plénière, elle, sera ouverte à toutes et tous. "C'est là que nous allons mettre en commun nos réflexions, nos 'cahiers de doléances'. L'idée est ensuite de remettre tout ceci au ministère de la Culture, ainsi qu'aux directions des rédactions."
LIRE AUSSI >> Sexisme et journalisme : "Il est temps d'ouvrir les yeux"
Il faut dire qu'au sein des rédactions françaises, le sexisme est toujours aussi prégnant. Prenons la Une, toujours, en association avec Nous toutes et Paye ton journal, a d'ailleurs récemment publié les résultats édifiants d'une grande enquête menée sur près de 1 900 journalistes.
Parmi les chiffres les plus marquants : 67 % des femmes ayant participé au sondage ont affirmé avoir été victimes de propos sexistes et 13 % d'agressions sexuelles. Cette enquête visait alors à "donner une première photographie de ce qu'il se passe dans les rédactions et les écoles de journalisme", ces dernières n'étant pas non plus épargnées par les comportements sexistes.
