"Nous voulons parler du phénomène des femmes d'Europe de l'Est et du charme qu'elles exercent sur les hommes." C'est avec cette phrase que la présentatrice Paola Perego a lancé le débat de son émission hebdomadaire, samedi 18 mars, sur la première chaîne italienne, Rai 1.

Invité sur le plateau, l'acteur italien Fabio Testi a alors raconté qu'un de ses amis avait été emmené dans un bordel par sa petite copine russe, pour fêter son anniversaire. "Comment pouvez-vous ne pas tomber amoureux d'une femme comme ça?" a demandé le comédien, rapporte le site Quartz.

"Elles ne pleurnichent pas"

L'émission, intitulée Parlons-en... samedi (Parliamone... Sabato), a surtout diffusé un visuel surréaliste recensant "les raisons de choisir une petite amie d'Europe de l'Est":

"1- Ce sont toutes des mamans mais, après avoir donné naissance, elle ont retrouvé leur silhouette.

2- Elles sont toujours sexy. Pas de survêtements ni de pyjamas.

3- Elles pardonnent la tromperie.

4- Elles sont prêtes à laisser leur homme commander.

5- Ce sont des maîtresses de maison parfaites. Elles apprennent à tenir un intérieur dès leur jeune âge.

6- Elles ne pleurnichent pas, ne deviennent pas collantes et ne boudent pas."

La séquence a été largement critiquée sur les réseaux sociaux et a fait la Une des journaux italiens La Stampa et La Repubblica, rapporte la BBC ce lundi.

"Vous êtes distraits pendant une seconde et vous vous retrouvez dans les années 1950", a notamment tweeté un internaute italien.

"Des animaux domestiques"

La présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini, a condamné une "liste honteuse". Sur Facebook, elle écrit: "Il est inacceptable que les femmes soient représentées, dans un programme de télévision, comme des animaux domestiques dont on apprécie la docilité, la compréhension et la soumission. [...] Avec ce programme, la société semble avoir fait un pas en arrière d'un siècle. [...] Avec une liste de ce genre, on ne fait que proposer des stéréotypes dépassés depuis des décennies."

"Je présente mes excuses à tout le monde pour ce qui a été vu et entendu dans Parlons-en samedi", a réagi Andrea Fabiano, le directeur de Rai 1, ce lundi. "C'est une erreur folle et inacceptable", a reconnu la présidente de la chaîne, Monica Maggioni. "En tant que femme, je me sens personnellement impliquée. Je suis désolée."