Même s'il est notoire que la richesse est meilleure pour la santé que la pauvreté, les chiffres que publie l'Insee ce mardi viennent souligner crûment cette inégalité. L'institut statistique, en se basant sur des données fiscales de 2011 et la mortalité entre 2012 et 2016, a établi que les hommes les 5% les plus aisés du pays, gagnant 5800 euros par mois en moyenne, ont une espérance de vie de 84,4 ans. Alors qu'elle n'est que de de 71,7 ans pour les 5% des hommes les plus modestes, gagnant en moyenne 470 euros par mois.

L'inégalité est moins frappante chez les femmes. L'espérance de vie des plus aisées atteint 88,3 ans, contre 80 ans pour les plus modestes.

Avantage à la richesse, plus encore qu'au diplôme

Le niveau de vie peut être "la cause directe d'un état de santé plus ou moins bon, et donc d'une durée de vie plus ou moins longue", explique l'Insee. Mais il peut aussi avoir "un effet indirect sur la santé" car il est également "lié à la catégorie sociale, le diplôme ou la région de résidence".

Les cadres sont moins soumis aux risques professionnels (accidents, maladies, exposition à des produits toxiques) que les ouvriers, ou les 15-64 ans sans diplôme fument davantage que les diplômés du supérieur (39% contre 21%), précise l'Insee. Mais avoir un diplôme du supérieur influe peu sur les écarts d'espérance de vie: "avec ou sans diplôme, plus on est aisé, plus l'espérance de vie augmente".

Les femmes, dont l'espérance de vie dépasse en moyenne de six ans celle des hommes, bénéficient "d'un meilleur suivi médical, en particulier pendant la vie féconde" et "leur durée de travail (hebdomadaire ou tout au long de la vie) est plus faible que celle des hommes, ce qui réduit ainsi leur exposition à des risques professionnels".