Il y a dix ans que George Harrison a disparu. Un collectionneur a célébré cet anniversaire en s'offrant pour 436 000 euros une Ferrari 356 GT que le guitariste des Beatles conduisait dans les années 70. Cet été, plusieurs objets ayant appartenu aux quatre garçons dans le vent et des vinyles collectors ont atteint des prix record aux enchères. "Les acheteurs ont entre 50 et 65 ans. Ils ont vécu l'avènement du groupe, ont acheté les disques à leur sortie ou ont assisté à des concerts avant la séparation, intervenue en 1969. Il y a surtout des Anglais et des Américains", détaille Serge Vincendet, 56 ans, disquaire depuis trente-huit ans à Monster Melody, à Paris.
Les détails qui font le prix du disque d'époque
Ces fans de la première heure achètent tout, du chapeau de cow-boy de John Lennon à sa cuvette de toilettes. "Certains objets liés à l'histoire des Beatles atteignent des sommes astronomiques, à l'image de ce contrat d'engagement pour un concert en Californie, signé par le manager Brian Epstein. On dit que leur entourage direct ferait monter les prix, voire que Paul McCartney et Ringo Starr achèteraient eux-mêmes pour récupérer ce qui leur appartient", précise Ludovic Danteny, un trentenaire passionné. Sur son site, Yellow-sub.net, il note depuis douze ans tous les objets liés au groupe vendus dans le monde. Grâce à une revue de presse, ce responsable de référencement sur le Net donne une idée de leur cote.
Si l'on s'en tient aux disques, "ce qui fait la valeur des vinyles d'époque, c'est l'état neuf, la pochette, la sous-pochette, l'étiquette de prix d'origine, l'édition ou le pays de provenance, et, bien sûr, les particularités de certaines éditions, que l'on reconnaît grâce à l'étiquette centrale, qui mentionne le label et l'imprimeur", détaille Jacques Gros, 58 ans, disquaire à la librairie Parallèles, à Paris. Il énumère les albums les plus recherchés : "Le premier Please, Please Me pressé en Grande-Bretagne, Yesterday and Today en version butcher cover, fabriquée pour les Etats-Unis et très vite retirée des bacs, les premières séries du White Album." Pour les acquérir, il faut être prêt à faire grimper les enchères ou à chercher longtemps. Car, foi de disquaire, "si j'en trouve un rare comme cela, je le garde pour un bon client, dit Serge Vincendet, ... ou pour moi".
