Tout faire pour que les jeunes ne soient pas les sacrifiés de la crise sanitaire, tel est l'objectif affiché du plan "Une jeune une solution" mis en place par le gouvernement. L'investissement n'est pas des moindres : 9 milliards d'euros ont été mis sur la table pour les années 2020 et 2021. A l'heure où il s'apprête à souffler sa première bougie, il a "rempli sa mission", s'est félicité la ministre du Travail Élisabeth Borne, à l'occasion d'un bilan dressé le 8 juillet, en présence notamment de la ministre déléguée à l'Insertion, Brigitte Klinkert, du haut-commissaire à l'emploi, Thibaut Guilluy et de quelques jeunes bénéficiaires venus témoigner.

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Au total, 2 millions de jeunes ont bénéficié de l'une ou l'autre des mesures contenues dans le plan : parcours individuels, formation, aides à l'embauche ou à l'apprentissage. En 2020, 525 600 jeunes ont signé un contrat d'apprentissage en 2020, 42 % de plus qu'en 2019, recense la Dares, le service statistiques du ministère du Travail. Un chiffre sans doute dopé par les 545 000 primes exceptionnelles à l'apprentissage demandées par les entreprises, mais aussi la chute du nombre de contrat de professionnalisation, autre volet de l'alternance. Une "baisse mécanique", a défendu la ministre qui a affiché une autre source de satisfecit : entre août 2020 et mai 2021, le niveau d'embauches de jeunes, s'est maintenu, malgré la crise. 1,8 million d'entre eux ont signé un CDI ou un CDD de plus de trois mois, affirme le ministère. Là encore, les 520 000 primes exceptionnelles à l'embauche dont ont bénéficié les employeurs sur cette période n'y sont pas pour rien.

Les jeunes éloignés de l'emploi en ligne de mire

Depuis le lancement du plan, 800 000 jeunes éloignés de l'emploi sont ainsi entrés dans un parcours d'insertion sur mesure, via les missions locales, Pôle emploi ou l'Apec. En mai 2021, 200 000 d'entre eux avaient bénéficié d'un accompagnement intensif des jeunes (AIJ) porté par Pôle emploi, 121 000 intégré la garantie jeunes, 15 000 les écoles de la deuxième chance. "Tous ces dispositifs constituent le socle de la garantie jeune universelle sur laquelle nous travaillons et dont les arbitrages seront rendus prochainement", a souligné la ministre du Travail.

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L'extension du dispositif, salué par ce bon taux d'insertion, n'est pas une mince affaire. Les conditions d'accès de la garantie jeunes, qui permet aux décrocheurs de 16 à 25 ans d'être accompagnés jusqu'à 18 mois en touchant jusqu'à 500 euros mensuellement, ont déjà été assouplies afin de porter le nombre de bénéficiaires à 200 000 cette année. Cette montée en puissance représente déjà un véritable défi pour les missions locales qui peinent déjà à suivre. Or, l'exécutif l'a maintes fois rappelé : il n'est pas question de faire un "RSA jeunes". S'il veut donner de la visibilité financière aux jeunes accompagnés, il entend veiller à ce que l'accompagnement soit renforcé. "Ce n'est pas une petite décision. Ce n'est pas donné et Bercy regarde la dépense avec beaucoup d'attention", a résumé la ministre. A l'heure où les discussions de préparation du PLF (projet de loi de finances) 2022 sont en cours, les jeux peuvent être serrés.