Elles sont des milliers, «amies d'Ana» et «amies de Mia», qui pianotent sur leur ordinateur à travers le monde en quête de complicité. Derrière ces noms de code, des jeunes anorexiques («Ana») et boulimiques («Mia») naviguent d'un forum à l'autre, à la recherche des régimes les plus fous et des laxatifs les plus violents, échangeant photos de leur maigreur et défendant leur maladie comme un «style de vie». Alertée par des médecins inquiets de voir des jeunes malades développer rapidement les «tics» de personnes très atteintes, l'association espagnole Protegeles («protège-les»), qui, d'habitude, traque les sites pédophiles, s'est mise en chasse des sites pro-Ana et pro-Mia. Elle vient de faire fermer 30 des 50 sites en espagnol. «Mais il en existe aussi en anglais, en espagnol, en français ou en allemand, précise Guillermo Canovas, président de Protegeles. Tous sont sur le même modèle. Conçus par des personnes atteintes de troubles alimentaires, ils sont fréquentés principalement par des jeunes filles de 14 à 16 ans qui flirtent avec l'idée de l'anorexie et cherchent des tuyaux. Il est temps d'agir.» L'association vient de lancer le site Anaymia, plagiant l'univers des sites incriminés, où sont prodigués conseils et mises en garde. Il a reçu plus de 30 000 visites dès la première semaine.