L'explosion avait tué deux employés en 2009. Cinq ans plus tard, le tribunal correctionnel de Sarreguemines a condamné ce lundi Total à 200 000 euros d'amende pour ce drame dans l'usine de Carling, en Moselle. L'ancien directeur du site a été condamné pour sa part à 20 000 euros d'amende et un an de prison avec sursis.

"Une défaillance inadmissible"

Tout en reconnaissant que "l'irrespect" des procédures par les ouvriers était "la cause directe de l'explosion", le tribunal a estimé qu'elle trouvait sa cause "première" dans le fait que la direction du site, depuis de nombreuses années, avait délibérément mis hors circuit un dispositif de sécurité. En procédant à cette mise hors circuit du dispositif, l'entreprise "ne pouvait ignorer" qu'elle faisait courir "un risque particulièrement grave" d'explosion, sur un site classé Seveso. Cela a constitué une "défaillance inadmissible", a tranché le tribunal, qui a infligé à Total une peine conforme aux réquisitions du parquet.

Quant à l'ancien directeur du site mosellan, Claude Lebeau, il a, "de façon constante", "validé la décision de procéder au shunt de la sécurité", ce qui équivaut à une "trahison de la confiance que les employés du site plaçaient en lui", selon le tribunal.

"Compte tenu de la sévérité de la décision, Total Petrochemicals France et son directeur vont manifestement faire appel. On ne peut pas accepter une telle décision", a déclaré, peu après l'annonce du jugement, l'avocat de la société, Jean-Benoît Lhomme.